Le pire n'est jamais décevant

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Jocelyn D.

Jocelyn D. ----------------------------------------- Homme. 22 ans. Paris/Joinville-le-Pont. Master 1 Communication politique et publique en France et en Europe. Paris 12. Chroniqueur radio. Arnaque. ---------------------------------------------------- Etats d'âmes, réflexions, confidences, photographies, analyses, vidéos & mp3, portraits, chroniques, émissions, espoirs & idées noires.

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Le symbole de la bestiole

Par Jocelyn D. :: 18/02/2008 à 2:22 :: Général

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L 'angoisse en camera subjective
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« Et lui c'est qui ?... Lui, c'est le client. Il pense qu'il a bien fait de couper par le jardin... »

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1]
Et celui là alors ? Lui, c'est l'étudiant, il sort de la banque, il est amer, il n'a qu'une cinquantaine d'euros sur son compte, ce qui est un peu juste pour vivre pendant deux semaines. Mais il fait beau, un bleu ciel pur, comme si la nuit hésitait à tomber... et, heu...

2] C'est toujours difficile de vouloir faire un article un un tant soit peu original dans mon blog, de se dire, allez on va raconter une histoire destructurée, ça va les épater. Elaborer un compost synthétique où la langue s'exprimerait sans retenue apparente mais dans un contrôle total de ses effets et de ses intentions. Une roue libre autoritaire, une frivolité d'apparence.
Une expérience de laboratoire, une aventure chimico-lexicale où l'on aurait fourré tous les réactifs existants sans intention d'observer un précipité. Un exercice de style assez prétentieux, un peu vain. Une grande arnaque en somme.

3] Depuis ces derniers jours, j'ai joué le rôle du disparu. Cela consiste à ne pas répondre au téléphone, à ne pas être sur Gmail, et autres Windows live messenger. Ne pas bouger lorsque l'on sonne a la porte. Garder les volets croisés. Faire ses courses aux Halles très tôt, ou très tard dans l'épicerie arabe, rue des lices. Au travail, parler peu, faire ce qu'il y a faire et partir sans dire au revoir. Je pourrais crever d'une hémorragie Interne dans mon studio, ils mettraient une éternité à le découvrir. Comme ces vieux qui croupissent chez eux pendant des années, morts. Avant que les voisins se plaignent dune odeur étrange dans l'escalier...

3,5] Chercher l'indifférence, la provoquer, c'est une sorte de suicide expérimental, permanent, en principe non-fatal, donc mieux toléré.

4] J'ai assez bien passé la turbulence normée Saint Valentin. J'ai relu Alain Soral. J'ai regardé «A vous de juger » sur France 2. Il y avait Pierre Moscovici et Manuel Valls d'un coté, Rachida Dati et Xavier Darcos de l'autre, et Bayrou au milieu. Le sujet c'était, si je m'en souviens bien, quelque chose comme : «  Sarkozy la fin de l'embellie ?» (d'ailleurs ça marchait aussi avec ''embolie'').

Bref, ce qui était rigolo dans l'émission de Chabot, c'est que la dite droite défendait farouchement le principe d'interventionnisme d'état en faisant fi de la situation de nos finances publiques, alors que la dite gauche prônait la politique de rigueur, le serrage de ceinture au dessus de la taille en jouant la partition : « Arrêtons les promesses dont nous n'avons pas le sou ». C'est l'effet Bayrou 2007 ça.
En tout cas, c'était plaisant à suivre cette (nouvelle) opposition, qui rejoint celle entre démocrates et républicains, en période primaires aux States.

5] J'ai reçu un texto, dans la matinée de Samedi. C'était remy : « ce soir ciné ça vs di? ». Et comment que ça me dit, ouais, c'est une bonne idée, ça me changera. Et je décide de répondre, je fais mon sociable, et je clos du moins temporairement ma période casanière.

Un film est proposé : Ps I love you . Je trouve intéressant d'aller voir un film que je ne serais pas allé voir de moi même (un mélo tire-larmes un peu nunuche), alors j'étais partant... Ce qui ne fut pas le cas de tout le groupe. Voulant à tout prix éviter les conflits (la fameuse volonté partagée d'unité) on se redirige en urgence sur Cloverfield. Une sorte de mix entre La guerre des mondes et Blair Witch. En gros, un film de monstre filmé en camera subjective avec un camescope familial. Un Blockbuster emballé comme un film indépendant. Un compromis qui satisfait tout le monde, alors on y va.

6] Malin, et surtout très bien foutu, ce film. On rentre dans la peau du personnage - cameraman : comme lui on ne sait pas, on comprends pas, on subit. Et lorsque tout le monde court, la camera virevolte dans tout les sens. Burp !

6,5] Auparavant, les films de monstres étaient souvent utilisés à des fins propagandistes. Par exemple, l'ennemi-monstre catalogué ''URSS'' violente les pauvres yankees innocents. On avait le bien et le mal, et après moult péripéties, le bien triomphait, prouvant que c'était bien eux les meilleurs, et qu'ils ne fallait pas les faire chier. Avec Cloverfield, on quitte le point de vue global pour se recentrer sur l'individu.
Le cameraman-personnage commente ce qu'il voit :
« putain, putain, c'est énorme», il répète qu'il « immortalise », que c'est important, pour pouvoir le mettre « sur internet » et ainsi prouver aux gens « qu'il était là ». Dans de nombreuses scènes du film, ont voit des gens qui prennent le chaos en vidéo avec leur portable, réflexe « youtubisé » même devant la mort. On ne voit pas le monstre, on l'aperçoit furtivement, on le ressent... boum, boum...

La bestiole serait alors une métaphore de la peur, mutante, insaisissable et destructrice. Une peur inhumaine enregistrée à taille humaine, mal cadrée, tremblante.

Une expérience cinématographique unique en son genre, à conseiller.


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( bonus ) Ah oui, je me suis amusé à faire une émission lors d'une nuit d'insomnie,
entre ''musique'' et ''actu". Je vais le proposer à RCF, sans franchement y croire.
Quelque part, c'est ma playlist du mois de Février...

[ATTENTION : quelquefois, la musique tourne au ralenti : re-essayez]


(à écouter au dessus ou à télécharger içi)

ps : téléchargez firefox pour avoir le player


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02:05

Par Jocelyn D. :: 04/02/2008 à 2:04 :: Général

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La soirée du premier paragraphe


« Des va-et-vient, des lamentations, quelque chose de lancinant, de régulier, propice au sommeil.
La mer, les pédalos, et un trois-mâts accroché à l'horizon comme un affiche.
Un coup de soleil, les épaules et les bras comme de la viande grillée.
Courir dans l'eau qui achève de me cuire comme un court bouillon ».


Ça a commencé comme ça. Se retrouver fin de soirée, vouloir consoler une fille bien qui pleure l'infidélité toute récente de son petit ami, entre deux copines compatissantes. Rester figé, pas savoir quoi faire. Pis se dire la vache, j'aimerai bien qu'on chigne comme ça pour moi. Ou bien même, moi aussi je veux pleurer un amour déchu, épandre des carafes de larmes, crier mon désespoir, exhiber mon déshonneur. Dire aux gens que les filles, bin, c'est toutes des connasses, que ouais de toutes façons, on ne m'y reprendra plus. Ce genre de choses.

Préparer un exil. Prendre un rendez-vous avec la conseillère d'orientation. S'imaginer dans dix ans. Se concentrer parce que quelqu'un me fait confiance dans l'écriture de bribes qui pourraient se transformer en spectacle (sait-on jamais). Imaginer des sujets consensuels mais impertinents pour la radio. Et on m'explique que je bafouille, que mon débit est saccadé, que je ''mange'' mes mots. Et alors vous m'emmerdez quoi, Colombe Schneck elle fait bien vingt minutes quotidiennes sur Inter, alors.

Préparer un exil. Vouloir reprendre à zéro, tout. Tromper les gens sur sa vraie nature. Être le parfait adolescent bien dans sa peau dont parlait Halv, cliché dont personne ne croit, cliché dont tout le monde aspire. Donner deux euros au gueux qui fouille les poubelles devant chez soi, s'en vouloir de ne pas l'avoir invité à avaler un morceau, même si le frigo est vide, il doit rester des oranges, quelques cookies nougatine ''prix malin''.

Quand on me demande quel est mon tube de l'année 2007, je réponds « Forever Young » de Sex in Dallas. Parce que les paroles, d'un cynisme absolu, me parlent, parce que l'album est génial, parce que le clip ne veut rien dire. Ouais, j'aime bien regarder les clips de musique électronique sur dailymotion. Comme celui, beau et idiot des Micronauts (misogyne m'affirme t-on, parce que voyez-vous, on y voit une femme seins à l'air). Aussi, le mythique « Signature » qui réussit en une poignée de minutes à fédérer les fans de tuning et ses détracteurs, susciter l'admiration chez les uns et la raillerie chez les autres.

En plein milieu d'un conseil d'administration, défendre un amendement tête baissée pour le jeu. Se demander si je cautionne ce que je blatère. Si ma lutte contre le corporatisme étudiant n'est pas en soi un nouveau corporatisme. L'Unef et sa doctrine Jacobine du pouvoir, des cadres qui s'évertuent à nous expliquer le bien et le mal, les gentils et les méchants dans des week-ends de formation où les repas sont payés par le Crous Montpellier. Je fus d'une discrétion irréprochable même si un repas, j'ai eu envie de crier « Pauvre conne » à celle-là qui m'expliquait que toutes les filles doivent être automatiquement féministes, et même de par leur sexe, bien plus féministes que les hommes.

La discussion se poursuit sur internet avec Marion, une semaine plus tard. Je me demande si s'affirmer féministe est une bonne façon d'être féministe, que je lui dit alors. Au lieu de multiplier les journées thématiques (femme, homos, jeunes, racisme, nains) on devrait faire une journée de l'homme, ou de l'humanité, qui lutte contre toutes les discriminations, sans distinctions, sans classements et surtout sans vengeances sous-jacentes, j'ajoute. « Avec certaines personnes j'ai envie de leur en faire baver », elle me répond. Humilier un macho le confortera dans son rôle de macho, je lui rétorque.

De toutes façons, faut arrêter l'hypocrisie avec le macho, le drageur, le phallo. C'est lui le roi du monde. Regardes, tu prends un macho et un timide: le garçon timide n'osera jamais te voir, alors que le macho s'empressera de venir vers toi pour te faire la cour. Et statistiquement, à partir de là, il y a bien plus de chances que le macho réussisse son opération (même si on est dans le court-terme) que le timide qui restera dans son coin, au loin, et regardera avec effarement cette scène de drague brutale, rentre-dedans. J'entendais une amie ce week-end dire « Au point ou j'en suis, je prends tout ce qui vient », j'ai trouvé ça révélateur. Marcher à l'usure, à la flatterie, z'êtes drôlement jolie mam'zelle.


Dans la soirée du premier paragraphe,  j'aurais bien aimé être un gros macho.



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