Le pire n'est jamais décevant

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Jocelyn D.

Jocelyn D. ----------------------------------------- Homme. 22 ans. Paris/Joinville-le-Pont. Master 1 Communication politique et publique en France et en Europe. Paris 12. Chroniqueur radio. Arnaque. ---------------------------------------------------- Etats d'âmes, réflexions, confidences, photographies, analyses, vidéos & mp3, portraits, chroniques, émissions, espoirs & idées noires.

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Remords, rue des teinturiers

Par Jocelyn D. :: 14/07/2007 à 15:21 :: Général

Notes d'été (2)

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« Recommence l'addition / J'en retiens un pour mes grands soirs / Comment j'ai fait mon compte / Pour m'abandonner au hasard / Aidez-moi si vous le pouvez / À me retrouver »

Lio & Jacky, Tétéou
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N'en déplaise à Stéphanie, je ne caricature rien. J'essaye de reproduire fidèlement mes états-d'âmes, mon univers. Seulement, je change d'humeur comme de chemise. Et quand je vais mal, j'écris pour mon blog.
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Festival d'Avignon 2007: « Comment ai-je pu louper Pierre Henry». L'interrogation, fait des loopings dans ma  cervelle qui, pourtant, ne demande qu'à se reposer. Il est 4h39 du mat' et je frôle l'automutilation car je ne tolère pas cet oubli impardonnable.
Je vous explique : Pierre Henry fut le compagnon de mes nuits lycéennes, casque Sennheiser aux oreilles, les sonorités élastiques et hypnotiques de ses pièces me transportaient. C'était ma porte, ma porte intérieure, c’était la porte du vide. Quand je l'ouvrais, j'étais plus, j'étais plus rien, plus qu’une boule transparente, une boule transparente à travers le cosmos, et... putain, c'était bien.
Pourquoi d'ailleurs utiliser l'imparfait ? je ressens encore la même chose lorsque j'écoute l'apocalypse de Jean et la voix sombre et inquiétante de Jean Négroni, qui ridiculise à elle toute seule celle de Secret Story.

Bon, tout cela pour dire que j'aime beaucoup P. Henry, et que j'ai certainement loupé ma dernière occasion de le voir en « live ». Je m'en veux, donc, et je suis réellement triste.
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Cela fait deux mardis de suite que les ''témoins de Jéhovah'' viennent me rendre visite, chez moi, vers 11h du matin, rue du crucifix. Toujours la même rhétorique : je suis dans le mensonge, ils viennent m'apporter la vérité.
Après la blague habituelle «Je suis désolé, j'ai pas vu l'accident !» pour détendre l'ambiance, je les invite à boire une tasse du thé et j'essaye de leur expliquer ma vision des choses : la vérité astrale, unanime, absolue n'existe pas, chacun à la sienne, et Platon est idiot.
Simple propagande relativiste, y'a pas de quoi sauter au plafond, je ressors des vieux restes de cours de philo : « La raison humaine n'est pas partout la même car elle façonnée par la culture et la société... Voyez vous, la vérité c'est Nous ! ».
Rien que cela, et ils sont déstabilisés, ils haussent le ton, ils affirment que le diable en personne se cache sous mon lit, et que je suis un communiste.
« Mais toute la vérité est dans la Bible ! »
me confient-ils alors, en me montrant avec insistance le petit livre en question du doigt, avec l'air émerveillé des randonneurs qui aperçoivent soudain un arc en ciel entre deux montagnes.

Ce qui est sympa avec les Témoins, c'est qu'ils avouent ouvertement se faire chier dans notre monde. Pour eux, depuis 14-18 c'est la dernière séance, « le temps de la fin » comme ils disent, temps caractérisé par une série de cataclysmes ravageant la Terre comme jamais : famines, guerres, séismes, pestes, homosexualité, etc. Et rien ne peut changer, la machine est en route, rien ne peut l'arrêter. « This is the end (tadaadaaa)».

Heureusement, s'ils vivent encore, c'est parce qu'ils gardent en eux un espoir insensé. Ils savent que Jéhovah va bientôt se pointer dans nos contrées pour détruire sans pitié les méchants (c'est à dire tout ceux qui refusent de se soumettre à la volonté divine) et instaurer par la suite le Paradis sur terre, pendant plus d'un million d'années, et toujours en été.
Je leur explique que le paradis m'effraye plus qu'il m'excite. Comme Camus, « je ne vois pas de sens au bonheur des anges », qui sera celui des élus. Et puis, j'adore les fruits, ce n'est pas tenable.
Non, désolé les amis, Jéhovah n'est pas pour moi.

Dans les deux cas, ils repartirent fort déçus.
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« Aux terrasses brouillées / Quelques buveurs humides / Parlent de haridelles / Et de vieilles perfides / C'est l'heure où les bretelles / Soutiennent le présent / Des passants répandus / Et des alcoolisants »
J.Brel, Je suis un soir d'été

« Tracter » du Christophe Alévêque de dix neuf heures à minuit, rue des teinturiers, seul, avec ma chemise de merde, et mes sourires exagérés (mais nécessaires), c'est déprimant, morne et tuant. L'impression d'être transparent au milieu de tous ces couples gentiment branchouilles qui se font des bisous en parlementant sur le sens de la vie.
Certains sont plus hostiles, quasi-violents à mon égard. J'ai tout à fait conscience de taper sur le système de pas mal de festivaliers avec mes morceaux de carton plastifié (d'ailleurs, qu'ils se rassurent, c'est souvent réciproque).

Entre deux plats, les serveuses des restaurants ont des cernes, prennent leur dose de nicotine en vitesse. Dès que la drogue atteint le cerveau (quelques secondes suffisent) elles dévisagent le ciel en recrachant la fumée, soupirs déguisés en vapeurs monoxydées.

Les sourires que j'essaye de leur offrir sont, eux, plus sincères.

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« Like I give a fuck / like I give a shit, like I give a fuck about that shit / Like I give a fuck about that motherfucking shit / Like I give a fuck / Like I give a shit »
!!! (Chk Chk Chk) Dear can


JD

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Commentaires

Le 15/07/2007 à 1:35, par Sarah
Moi je campe devant la maison du off, "à la pêche au programmateur" pour vanter les mérites d'une pièce, tout en faisant un stage dans un théâtre. La vie est belle.
Je ne peux m'empêcher de te conseiller une pièce, "Percolateur Blues" de Fabrice Melquiot, tous les soirs à 21h au théâtre des Corps Saints. La mise en scène est très recherché et bien faite, la bande-son rock est magnifique, les comédiens excellents et la pièce en elle-même... Sublime. Une véritable odyssée au pays de la jeunesse, qui aborde des questions qui nous effraient tellement: l'amour, la mort, l'avenir... On rit, on est ému, et surtout on a tendance à s'identifier au héros, Cyril, un veilleur de nuit parti en Italie à la recherche d'une femme qu'il a connu l'espace d'une semaine il y a 3 ans de cela, convaincu qu'elle sera celle de sa vie...
Poésie, musique, philosophie, humour, véritables réflexions, c'est une belle réussite et je suis tombée véritablement amoureuse de cette pièce.
Mais j'en parle trop et mal sans doute.
Douce nuit.:-)
Le 15/07/2007 à 13:30, par Jocelyn D.
... Bien assez pour me donner envie de voir "Percolateur Blues" d'ici peu, ce qui est joli exploit de ta part !

Interrogations : tu es chargée de le vendre le spectacle en question ? des amis à toi y jouent ? où c'est un vrai coup de coeur ?
Le 15/07/2007 à 22:41, par Sarah
En fait, je suis censée vendre un autre spectacle qui se joue dans ce même théâtre, où je fais le stage donc (héhé, ça la fout un peu mal, j'avoue). Mais c'est un véritable coup de coeur, j'ai vu la pièce pour pouvoir en parler au potentiel public et je suis littéralement tombée sous le charme. Un hymne à la jeunesse actuelle, ponctué de rêveries... J'en suis encore toute émue. :-) Jusqu'ici, aucune de mes connaissances ayant vu cette pièce n'a été déçue, au contraire... Moi-même je l'ai déjà vue 3 fois et y retourne demain! Merci pour eux, je tiens vraiment à ce que cette pièce soit vue par un maximum de monde, parce que ça vaut vraiment le coup et que ces jeunes gens ont beaucoup de talent à revendre.
A un de ces jours alorsn qui sait?
:-)
Le 16/07/2007 à 18:05, par Ninaverse
J'aimerais bien moi que les Témoins de Jéhovah viennent chez moi, ça serait distrayant et ça m'est jamais arrivé.
C'est vrai que les "tracteurs" sont super lourds dans Avignon, mais bon en même je me dis qu'ils doivent bien se faire chier à distribuer leurs papiers à tout va en crevant de chaud.
Bon voilà t'es chiant t'écris bien.
Le 16/07/2007 à 21:23, par Petite Elfe
Hé bien il s'en passe des choses pendant que je ne suis pas là !!!! :-p

Jvais venir te précher la bonne parole Jocelyn, tu ne sembles perdu dans le monde du péché, lol.
Le 18/07/2007 à 14:31, par Jocelyn D.
J'ai vu « Percolateur Blues » au Corps Saint lundi soir, et je ne le regrette pas.
Histoire prenante (magnifique texte de Fabrice Melquiot, poétique et d'une sobriété désarmante ), et de très bons acteurs. J'ai adoré la fin, inattendue, belle mais tragique.
Deux choix s'offrent donc constamment à nous, tout au long de notre vie : Aimer ou être aimé ?... sachant que l'un et l'autre sont difficilement compatibles, cette piqûre de rappel impromptue fait un peu mal. Elle nous ramène à la réalité, enfouie (refoulée ?) à l'intérieur de nous-même.

L'avantage et le défaut de la pièce : sa mise en scène très bien ficelée, ou tout semble réglé comme un papier de musique. Peut être trop. Alors c'est efficace, on rentre immédiatement dedans, mais ça en perd en spontanéité et l'émotion sort plus difficilement. J'aurai aimé un peu plus de sobriété, de respirations, moins d'artifices. Un peu plus d'humanité, en somme.

Je dis ça pour chipoter, car j'ai aimé.
Le 19/07/2007 à 0:15, par Sarah
Décidément, tu en parles mieux que moi!:')
Je me repasse la bande-son en boucle... Je ne m'en lasse pas, moi ça me fait presque pleurer.
Parce que c'est ce qui nous attend, au fond.
Parce que c'est "notre petite capitulation" à tous.
Merci d'y être allé, merci d'avoir aimé.
Bise à l'oeil.
Le 19/07/2007 à 0:21, par Sarah
PS: Si tu aimes Fabrice Melquiot, tu pourras lui faire part de ton admiration vendredi soir, il vient voir la pièce!;-)
Le 23/07/2007 à 23:15, par Steph(Fann)
Je VEUX des Jéhovahs chez moi!! Je veux COMPRENDRE ce qui les habite!! Au lycée, en 1ère et en terminale, j'avais une jéhovah dans ma classe, c'était excessivement étrange car personne n'osait trop lui parler de sa "religion", alors que tous, nous avions des milliards de questions à lui poser, toutes plus pragmatiques les unes que les autres... Je suis allée 2ans à la fac avec elle, et je n'ai pas plus osée que les autres.
Bref, tout ça pour dire qu'il t'arrives de formidables choses, cher Jocelyn... Si tu veux venir demain pour la dernière de Mefisto Forever, il reste des places au théâtre munipal...

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