Le pire n'est jamais décevant

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Jocelyn D.

Jocelyn D. ----------------------------------------- Homme. 21 ans. Avignon. Licence 3 Sciences de l'information & de la communication. Elu étudiant UNEF. Chroniqueur à RCF. ---------------------------------------- Etats d'âmes, réflexions, confidences, photographies, analyses, vidéos & mp3, portraits, chroniques, émissions, espoirs & idées noires.

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Retour de bronzette

Par Jocelyn D. :: 30/08/2007 à 4:45 :: Général

Notes d'été (4)

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Un peu honteux du mois d'août de glandouille que je viens de m'offrir, alors que beaucoup d'individus de mon âge n'ont pas eu d'autres choix que de travailler. Aucune relâche estivale estudiantine même pour un mois, injuste, la vie est dure.
Privilèges de favorisé : divix en boucle dans mon salon poussiéreux, découverte inattendue de grands écrivains russes (Ha Tourgeniev !, Oh Dostoïevski !), écriture de trucs que je ne ferai jamais lire, longs surfs sur la toile planétaire qui n'aboutissent à rien.
Grâce à mon baladeur MP3, j'écoute « Hallelujah » de Jeff Buckley ou « Because » des Beatles sur un transat branlant au milieu du jardin, chez mes parents, la nuit. C'est en regardant les étoiles que je me force à pleurer ; ambiance téléfilm sentimental du dimanche après-midi, zoom discret sur mes yeux rougis, un hérisson qui passait par là, me regarde et compatit.

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Rassurez-vous, je n'ai pas vécu ce mois comme un ascète, j'ai bougé, voyagé. Déjà, avec Mika, Fab et Remy on s'est organisé un périple à l'improviste dans les sphères « Bling-Bling » des alpes maritimes. Endroits que l'on ne connaissait peu, voire pas du tout, alors pourquoi pas ? s'était-on dit. Je livre sur le tas quelques impressions, je suis convaincu que cela vous intéresse.

Nice, pour démarrer : Pas de surprises, c'est bel et bien hideux en bord de mer (ces grandes résidences jaunâtres, copies conformes d'HLM ordinaires, à la différence près qu'elles sont balnéaires et, de ce fait, pas vraiment à loyer modique), en plus, pas de sable mais de vulgaires galets, y'avait de quoi être furax !.. Heureusement, le centre ville dit ''Historique'' est quand même bien plus sympathique, c'est très propre, un peu trop pour moi, un coté ''carton-pâte'' qui m'a fait penser à Montpellier (ceci dit, c'est joli).

Cannes. Franche rigolade. J'ai rarement vu un tel déluge de fric au mètre carré. Bagues platines Vintage, Rolex Daytna, tongs Givenchy, patchwork de peau john Galiano, sac à dos en soie ''Don't Touch Me I'm Electric'', Rolls-Royce Phantom ou Lamborghini Gallardo (qui rentrent directement dans l'Hotel Carlton Intercontinental).
Ensuite, il y a ceux qui veulent jouer les riches, eux aussi sont marrants. Endettés jusqu'au cou pour pouvoir rouler en FIAT Barchetta jantes chromées, ils virevoltent dans la cité jusqu'au bout de la nuit, Benny Benassi au son, Ray-Ban au bout du nez. Objectifs : 1) craner 2) Enjôler puis saillir dans un hôtel minable une jolie serve attirée, bien malgré elle, par des scintillements grossiers.
Cannes en été, c'est avant tout ces attroupements de plébéiens qui jalousent les nababs qui s'exhibent en peignoir dans leur yacht. Ils les montrent du doigt et les prennent en photo, comme au zoo.

Monaco, à côté, fait pâle figure. Maigre étalage de fric, contre toute attente. Du coup c'est moins drôle. Niveau esthétique, comment dire ? Monaco est sans aucun contexte la ville officielle du béton. J'ai vite regretté les HLM niçois.

Notre exploration s'arrêta ici, dodo sur plage, coups de soleils atroces... il faut savoir y mettre un terme.

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Avec Thalia, on tombe d'accord sur une chose. Notre modèle à nous tous, c'est Ponce Pilate. Ce fameux préfet qui nous appris la veulerie, celui qui fut terrifié à la seule idée de prendre la moindre décision, quitte à tout gâcher. Oui, lâches, nous le sommes en permanence, nous fuyons le choix, nos résponsabilités, la moindre remise en question. Nous avons la liberté de conscience d'une poule.

Je devrais effacer ces SMS que je lis tout les jours. Les lectures se répètent, la douleur s'accroît. C'est pourtant vrai, plus on se remémore un passé douloureux, plus on augmente ses chances de le réitérer. Cercle infernal : la mélancolie nous condamne à sa répétition.
Le temps ne fait rien à l'affaire, oublier est une lutte ardue, plus particulièrement quand on en a pas la volonté. Oui, enfin, volonté ou pas, rien ne change, ça reste. Boris Vian a raison, « On n'oublie rien de ce qu'on veut oublier : c'est le reste qu'on oublie. »

Oublier d'oublier, tel est mon défi !.

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En dehors de l'intrigue cousue de fil blanc, elle est bien belle ma ville en feuilleton d'été. La prophétie d'Avignon, et ses moments de grâce, comme les évanouissements à répétition de la très belle Louise Monot (Même surjoués et caricaturaux, je kiffe). J'ai éprouvé une sorte de fierté quand une scène s'est jouée tout, mais alors tout près de mon appartement. C'est proprement ridicule - je vous l'accorde - mais j'ai ressenti cela comme une reconnaissance, une façon de dire « on pense à toi mon coco », ou alors « toi aussi t'es dans le coup, hum petit coquin ».
Car je suis à fond derrière la jolie conservatrice : vas-y nymphète ! Résous les énigmes papales dignes du père Fouras ! Déjoues les pièges de ces zozos dangereux adeptes du Diable et des sciences occultes ! Venges ton Père-Grand ! Donnes un sens à ta vie, divertie la mienne.

J'ai toujours eu un faible pour les quêtes absurdes.

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Mon blog repart de plus belle, et « Les notes d'été » s'arrêtent ici. Le jour arrive, je publie et je vais me coucher.

Photo de vacances, de gauche à droite : moi, mika, remy (...et fab derrière l'appareil).


04h38

JD

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Commentaires

Le 30/08/2007 à 19:10, par Ponce Pilate
Oh mais qu'est-ce que j'ai fait de mal moi ? Tout ce que je préconise c'est de laisser faire les choses sans intervenir ! Je refuse d'avoir le moindre impact sur quiconque même si j'ai tout fait pour en avoir un (je suis quand même préfet !). Vous ne vous rendez pas compte, prendre une décision c'est se mouiller, la seule manière dont j'accepte d'être mouillé, c'est en me lavant les mains ! Ma devise : ce(ux) que j'ignore(nt) ne peu(ven)t me faire de tors, ha ha ha.
Le 30/08/2007 à 19:17, par Petite Elfe
Je crois que la nostalgie est si pathétiquement délicieuse en fin de compte qu'on s'y complaît... Non, on oublie pas. Pourquoi certains le peuvent et pas d'autres ? Il n'y a pas de justice en matière de sentiments. Je vais finir par tomber d'accord avec toi quand tu dis que l'amour est un des trucs les plus cruels qui existe !

Et j'en ai marre de débiter des commentaires d'une platitude rébarbative, mais bon jpeux pas être en désaccord avec toi, et puis j'aime toujours autant te lire !

Il manque une escale essentielle à Annagrram m'est avis : la Suisse. Dans le genre propre et bien rangé, je connais pas encore mieux, lol. Puis c'est très joli, si si si !

Je suis en train de lire un livre où les plébéiens sont les gens qui n'ont pas de pouvoirs magiques, c'est une métaphore intéressante non ?

Ah oui, j'oubliais, moi qui me croyait originale, je m'ennivre aussi à doses de Jeff Buckley pour entretenir ma mélancolie entre deux éclats de joie de vivre !
Le 02/09/2007 à 13:28, par Ninaverse
J'adore Tourgueniev. Bon sinon Cannes n'est rien à côté de Saint Tropez. St Trop, toute la jet-set est réunie c'est très impressionnant. Mais en plus, St trop c'est moche, Cannes c'est très agréable.
Bon voilà j'ai laissé un com juste histoire d'en laisser un, j'ai pas grand chose à dire.
Le 02/09/2007 à 13:31, par Ninaverse
Ah ouais, j'ajouterai que moi aussi en ce moment j'adore me complaire dans la mélancolie, relire les textos, les lettres et les mails, j'adore déprimer et penser à mon frère qui en ce moment est à Toulouse, et pas moi. Quand bien même j'y serais, ça ne changerait rien, il ne voudrait même pas me voir. Yeah.
Le 03/09/2007 à 2:47, par Sarah
Les sms, c'est la mort de l'âme. On refuse de les effacer, alors on les archive, on les relit, encore et encore, jusqu'à en connaître la moindre virgule, pointue et ardente, piquant notre coeur pour le faire saigner, énième hémorragie en conséquence de l'avortement d'une histoire qui n'en finit pas. Qu'on aimerait pouvoir oublier, un lavage de cerveau digne d'eternal sunshine of the spotless mind... Mais sa nous obsède.
J'aimerais fumer une clope sur le toit de ma chambre et regarder les voitures passer en me disant que merde, c'est pas si mal d'être ordinaire. Et ne penser à rien. Et surtout pas à ça.
Heureux les oublieux?
Certainement.

PS: J'suis contente que tu reprennes ton blog. Ce mois de vacances ne t'as pas fait perdre ta verve, au contraire, tu nous reviens inspiré et toujours aussi doué pour jonglé avec les mots.:D
A la rentrée, qui sait?
Le 04/09/2007 à 22:34, par Sarah
PS: Moi pour "Because", j'préfère la version d'Elliot Smith... Parce qu'American Beauty. Sa s'explique pas.

Bonne soirée, malgré ce temps pourri de rentrée des classes.
Le 05/09/2007 à 3:27, par Jocelyn D.
Oui, c'est vrai, encore plus minimaliste...
Autre reprise Italo-Disco dont j'ai honte d'être fou :
http://previews.trackitdown.net/preview/284239/preview_Because(A.T.O.C.VocalMix).mp3
( => hé ho, on a tous le droit d'avoir des gouts douteux !)

Merci pour les compliments !
A quand la création d'une assos ''Les Fétichistes Des Textos Douloureux'' ?... Y'aurait du fric à se faire !
Le 21/09/2007 à 15:22, par Nice
Certe la plage n'est pas franchement jolie, et les galets un peu tape cul... mais il y a plein d'endroits à Nice qui ne sont pas si "bling bling".

Le vieux Nice par exemple(je crois que tu parles de centre historique) est vraiment à voir, le soir, et surtout pas l'été (même et surtout dans les ruelles un peu pourries on trouve un peu d'âme). Si tu l'as trouvé un peu en carton pâte c'est parce que la place qui surplombe le tout vient juste d'être faite.

Il fallait monter un peu plus haut, aller voir les collines (pas que les villas qui s'y trouvent, je dis bien les collines), ou les quartiers avec les vieux hotels d'époque qui tombent en ruine, ou les arènes de Cimiez...

En ce qui concerne Cannes, le vieux Cannes est un joli quartier, mille fois moins superficiel que la croisette. St Tropez l'hiver, débarassé de ses touristes, nous offre des coins sauvages, aérés, agréables.
J'arretes la le tour du coin.

Je remarque juste, que les gens voient ce qu'ils ont envie de voir, et qu'ils aiment se conforter dans leur vision négative des chose. Si on trouvait soudainement un peu de positif dans les Alpes Maritimes le monde s'écroulerait. On y repart on se disant "c'est vraiment comme j'imaginais que c'était", c'est à dire horrible, balnéaire, plein de touristes, superficiel.
Alors que finalement on est allé dans les endroits où on sait pertinnement que c'est ce qu'on va trouver!


Bon, je m'emporte, ce n'est surement pas ce que tu as sous entendu...

Mais je suis arrivée dans les Alpes Maritimes avec cet état d'esprit, et j'ai été bien embetée quand on m'a emmené dans les villages de l'arrière pays, dans les petits port de pêcheur, dans les vallées magnifiques, ou simplement les quartiers vivants de Nice...
Le 21/09/2007 à 16:35, par Jocelyn D.
Oui, mais c'est un point de vue touristique. Je comprends tes emportements, et je pourrais défendre Avignon avec la même fougue quand on essaye de résumer la ville au palais des papes et a la rue de la République. C'est un point de vue partial, caricatural, d'un voyage éclair. Quand je retournerais dans ces endroits , j'irai certainement autre part.

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