Le pire n'est jamais décevant

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Jocelyn D.

Jocelyn D. ----------------------------------------- Homme. 22 ans. Avignon. Licence 3 Sciences de l'information & de la communication. Elu étudiant. Chroniqueur radio. Arnaque. ---------------------------------------------------- Etats d'âmes, réflexions, confidences, photographies, analyses, vidéos & mp3, portraits, chroniques, émissions, espoirs & idées noires.

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Par Jocelyn D. :: 31/12/2007 à 10:41 :: Général
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Mélancolie / Nuit Blanche


« Je pourrais dresser la liste d'une multitude de ces menues idylles à sens unique »


Quand une nana sent les approches d'un pauvre garçon un peu trop appuyées, elle glisse, l'air de rien, au beau milieu d'une phrase, deux simples mots : « Mon mec ». Voilà, il n'en faut pas plus. Et tout s'effondre. Le sous-entendu est d'une intensité redoutable : tu peux toujours ramer mon coco, je suis casé, bien casé, avec un type qui a le permis et un BEP, qui a un salaire et des gros biscotos. Il m'amène à La Station le samedi dans sa 206 rouge-vif et on danse toute la nuit, il sait me faire jouir et quelquefois regarde France 5 avec moi le dimanche après-midi. Mais continue à flirter avec moi, quand même, ça flatte mon ego de salope, ça élève ma place au classement des pouffiasses. Non, non, prend pas la peine d'essayer de me le dire, je sais bien que je t'attire. Grâce à toi, d'ailleurs, je me sens un peu exister. Ouais, continue à me regarder avec tes beaux yeux tristes quand je te parle de « mon mec » le sourire aux lèvres , dans une file d'attente.

J'ai l'impression de te contrôler, c'est marrant, c'est apaisant. J'aime te faire souffrir, en te miroitant que tout peut-être encore possible. Comme le dit le viel adage, sur un malentendu ça peut... Enfin rêve, rêve petit con, ça justifie ma vie.


« Réaliser l'impossibilité et la nécessité de la tâche dans le même mouvement de la pensée »


Figé telle une enclume. Plus d'élan, plus de colère, embourbé dans le collimateur de la mélancolie. Mélancolie collante, encochée et encombrante. Malencontreuse mélancolie. Mélange de manques qu'on ingurgite, coulis de mélancolie qui nous ankylose. Mélancolie, donc tu picoles, t'oublies les protocoles. Coliques de souvenirs colossaux. Remembrance de vacances rêvées, colorées, amicales. Mélancolie de ces rencontres pleines de candeur. Mélancolie d'une lady, d'un décolleté, de câlineries dans mon lit. Mélancolie sans accalmie. Mélancolie cancéreuse. Mélancolie alcoolique.


« Quoi de plus agréable que de sentir que l'on est la source unique, la cause arbitraire et irresponsable des joies et des malheurs d'autrui ? »


Avant, j'avais deux connexions non-sécurisées. Et c'était bien comme ça. Quand l'une ne marchait pas, hop je passais sur l'autre. Alors, c'était pas évident, certes, mais je me débrouillais, et j'avais le net tous les soirs, tous les matins aussi. Pourquoi ces confessions intimes ? Parce que pendant un mois et demi, je n'ai plus eu internet dans mon studio. Plus de connexions gratuites,  c'etait fini. Ainsi, ma vie s'est affadit. Grand constat : je suis un drogué de la toile, je m'en rends compte juste maintenant. Petite bizarrerie remarquée : Je n'arrive pas à écrire quand mon ordinateur n'est pas connecté à internet. Je dois me sentir lié au monde pour pouvoir pianoter sur open-office.

Je hais le vent. Le Mistral Avignonnais, surtout. Et le pire dans tout ça, c'est que tu trouveras toujours un gars dit « du pays » t'annoncer fièrement que le vent, lui, « ça lui fait rieng », qu'au moins « c'est bieng parce que l'on voit le soleileuh ». Après, ces mêmes érudits te font généralement une grande théorie, comme quoi à paris, et dans « tout les pays, là-bââ, dans le Noreuh » ils dépriment à plein tubes à cause de la «sinistre grisailleuh ». J'arrête là.


« Du reste la vie est faire d'événements sans importance, fugaces, interchangeables, dont le degré de réalité demeure à l'appréciation de chacun ».


Semaine dite contre le SIDA avec L'Unef Avignon. Au «sortez couvert » de rigueur depuis des années, j'essaye d'imposer « sortez couverts, si tant est vous en ayez l'occasion. »... Qui me parait plus juste, plus honnête. Troublé par les étudiants qui me répondaient, lorsque je faisais la distribution de préservatifs LMDE, que non, ils n'en voulaient pas, que cela ne leur servirait à rien, parce qu'ils étaient toujours puceaux, et que cette morne situation n'était pas prête de changer. Et ils te disaient ça, droit dans les yeux, l'air désolé mais sans honte aucune.

Une personne somme toute respectable (élevée hiérarchiquement, surtout), accompagnée d'une autre qui l'est presque tout autant, m'a affirmé dans ce même Stand que je ressemble considérablement à Eric Forman, de la série that's 70 show.

Enfin, j'ai internet. Ouf. A peu près 20€ de communications hotline (Bien réflechi, ça fait pas cher la découverte tourisitque du Maroc) cinq aller-retours en boutique, mais finalement Numericable, ça marche pas si mal.


« Comptabilise tes victimes, garde un oeil sur tes ennemis, dévalise les vitrines, applaudi lorsque les morts s'animent, souviens toi comme c'est beau la vie. »


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31 décembre. Dernière nuit en 2007. Et une nuit blanche comme j'en ai rarement faite. Tout le borgnion sans le moindre dodo. Alors, j'ai écouté des MP3 avec mon casque Technics que j'ai gagné à Noël. Le dernier Album d'Autour de Lucie (il sonne drôlement bien au casque, je me suis dit), Loney Dear (ça c'est super bien, aussi), Burial, Laurent Garnier...

Demain, je prendrais tout un tas de résolutions : faire du sport, arrêter de « maltraiter » mon « rythme naturel » en me couchant plus tôt et à des heures plus régulières, arrêter de travailler dans l'urgence pour tout, remplir plus souvent mon blog, manger équilibré, ne pas laisser passer des occasions, avoir confiance en moi.

Bref, ça s'annonce bien.


PS : Quelques justifications de mon absence bloguesque, ici, ici, ou encore ici... Et pour me faire pardonner, une playlist des fêtes bien sombre, programmé par moi, en écoute : cliquez là.


Voilà.


JD

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Commentaires

Le 01/01/2008 à 10:10, par M.
Merci pour la playlist...sympa
Et merci pour la lecture, ma matinée de travail m'est ainsi apparue moins difficile, plus agréable...
Tu sais qu'en huit heures on a le temps de les lire un paquet de fois, tes lignes ? ;-)
Bonne annnée, Jocelyn
Le 01/01/2008 à 18:54, par sophie
Merci d'avoir (enfin) posté un billet, 2008 n'en démarre que mieux.Bonne année à toi,qu'elle soit riche en écrits...
Le 02/01/2008 à 10:26, par sophie
p.s. du matin: ai écouté ta playliste toute la nuit, j'adore!
Le 05/01/2008 à 21:41, par Lovny
Merci pour ce très beau texte, tu as un style génial !! Bravo
Le 09/01/2008 à 1:54, par Petite Elfe
Bon moi jfais juste une ptite intervention pour dire que le paragraphe sur la mélancolie, tu me l'avais lu et j'ai adoré, ça me fait plaisir de le voir enfin publié ! Comme diraient les jeunes : je kiff !
Le 21/01/2008 à 5:35, par marion
Jocelyn, j'interviens pour réclamer un autre article :)
Le 30/01/2008 à 17:04, par matthew
Juste te dire que tes textes sont bien. Continu...
Le 02/02/2008 à 22:34, par Halv
"Troublé par les étudiants qui me répondaient, lorsque je faisais la distribution de préservatifs LMDE, que non, ils n'en voulaient pas, que cela ne leur servirait à rien, parce qu'ils étaient toujours puceaux, et que cette morne situation n'était pas prête de changer."

C'est drôle. Pendant longtemps je me suis cru totalement anormal parce que dans cette situation aussi, de l'étudiant toujours puceau, et pour qui ça risque pas de changer.

Je détestais entendre les slogans "sortez couverts" parce que ça ne me concernait pas.

Et puis je me suis rendu compte qu'en fait, j'étais loin d'être le seul. Qu'il y avait des tas de gens, des mecs surtout, dans le même cas. Et pas juste deux ou trois, mais véritablement DES TAS.

Le cliché du jeune bien dans sa peau, avec sa copine bombasse en pantacourt, il est tellement loin de la réalité que personne ne peut s'y identifier.

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