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Jocelyn D.
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Et si on nationalisait l'amour ?Par Jocelyn D. :: 27/10/2008 à 18:42 :: Général
Elodie, numéro deux ![]() « Amoureux solitaires dans une ville morte Amoureux imaginaires après tout qu'importe Que nos vies aient l'air d'un film parfait... » ( Pour rappel, celle dont je parle n’a aucune épaisseur ontologique. Elle n’existe pas en vrai, quoi... ) Vingt-deux, dix-sept, dans mon salon, devant la télé. Vérifie mes SMS, pas d’accusés de réception : visiblement, Élodie a éteint son cellulaire. Ma molaire de gauche me lance. L’idée même de cuisiner me paraît insupportable, préfère me gaver de pistaches et autres cochonneries, restes culinaires de ma crémaillère qui n’a jamais eu lieu. Faut que je me dépêche, dans une heure je prendrais le bus 108, puis RER A, direction gare de Lyon pour l’Idnight, déclinaison « Jeune » et « fun » de la ligne low-cost des chemins de fer français, la nuit. Jeune parce que pas cher, car le jeune est pauvre (quinze euros, mon billet pour Montpellier). Jeune qu’on vous dit, donc discothèque pour faire « la fête » dans un wagon, et bar pour rencontres « colorées » dans un autre. Niveau son, un deejay « branché » opérera jusqu’au petit matin, c’est promis, c’est marqué sur le billet. Parce que si je pars à 23h47, c’est pour arriver à 7h45 : il y a donc du temps à tuer. Zero-un, Zero neuf. J’écris ces lignes en direct de ce fameux train assuré top tendance. TGV dernière génération à la vitesse d’un TER, lumière tamisée, rose et violet. Mais cela n’a rien de branché, ce truc, y’a que des pauvres, de vingt à cinquante ans. Personne au Bar, personne dans le coin discothèque. Voiture six, Bas, Place quarante sept, tout le monde essaye de dormir comme il peut sur son siège. J’ai envie d’aller pisser, mais j’ai peur qu’on vole mon Macbook. J’y vais quand même. C’est là que je retrouve Elodie dans la sept, qui elle aussi attend son tour, côté dame. – J’ai essayé de te joindre... – Ca va, Jocelyn, je n’ai pas de compte à te rendre – Qu’est ce que tu fous là ? – Eh bien, tu voulais me joindre, non ? Imparable. Cette peste d’Élodie s’amuse à prononcer mon prénom à tout bout de champ dans l’unique but de m'amoindrir, technique épurée, ô combien efficace. Prenant le dessus en deux malheureuses phrases, je n’avais plus qu’à me laisser guider, dominer même. Je t’enjoins, je te contrôle, faible éphèbe, « allons donc boire un verre à six euros cinquante dans l’Idlounge » qu’elle me dit, en passant délicatement sa main dans ses cheveux châtains foncés. « Bonne idée », répondis-je maladroitement, comme si j’avais le choix, et là, elle a sourit : tu l’as vu. Objectivité oblige, je me dois de rectifier : une bonne trentaine d’abrutis se trémoussent vaguement en criant très fort dans la zone dancefloor du convoi, et comme l’endroit est minuscule, ça fait beaucoup, et l’on crie au génie. J’espère tout de même que ces crétins cesseront ce raffut un moment ou un autre ; mon siège est juste en dessous et je compte bien dormir quelques heures avant Montpellier. - Tu es grossier, et tu râles tout le temps - Grossier ? t’es gonflée, j’utilise souvent des mots compliqués - Tu ne sais les utiliser, et tu continues à râler… - Je ne vais pas arriver à dormir - Qui t’as dit que t’allais dormir ? - Je suis fatigué - Suis-je plus insignifiante que ton sommeil ? - Bon, c’est quoi le programme alors ? - Rien. Pas de sexe dans les toilettes, on discute et c’est tout. Je suis heureuse de te revoir - Moi aussi… Parler de tout, de n’importe quoi, le temps d’un trajet. L’outil cinéma est un excellent moyen pour converser sans trop de danger. Dans le genre question facile : dis, t’as vu le dernier Woody ? Bin, c’est bien écrit, les acteurs sont géniaux, mais le scénario bateau… Je veux dire, Vicky Cristina Barcelona, c’est quand même une pub gigantesque fomentée par l’office de tourisme de Catalogne ; surenchère d’instants cartes postales : oh les amoureux sont au Palais Güell, oh ils s’embrassent à la Casa Milà, tiens, il dinent au Barri Gòtic... Le tout avec des images très propres, où les guitaristes de flamenco ont tous des gueules de Gypsy King, auréoles de transpiration exceptées. (un benêt traverse la voiture tant bien que mal, complètement saoul, en hurlant « po-po-do-po-po-pooo-pooooo ») Entre les murs ? C’est l’exemple parfait du film intelligent, malin, fin, politiquement correct, surtout envers les profs (tous jeunes, beaux, courageux, dévoués, pédagogues, sévères mais pas trop, bien comme il faut). Consensuel et bien foutu je te dis, seulement voilà, on s’emmerde ferme. - Eh toi, t’as vu ? Livni est incapable de fabriquer une coalition, la nulle. - Oh ca va hein, tu sais que ton Ahmadinejad est mourant ? - N’importe quoi, et il est pour Obama. - Bah, comme tout le monde. Y’a un truc qui me fascine en ce moment, c’est « l’opening bell » et le « closing bell » du New York Stock Exchange, la bourse de Wall Steet. Ces cérémonies censées symboliser la puissance et l’optimisme de la finance américaine tournent à l’absurde en pleine crise (mon amour). Chaque jour, c’est un florilège de sourires bright et d’applaudissements itératifs et mécaniques, si peu sincères et tellement hilarants. Les mecs, ils applaudissent deux fois par jour leur propre chute, et plus elle est sévère plus ils y vont gaiment. C’est la méthode Coué, je vais bien, tout va bien, certes ça se casse la gueule et même Sarko vire Marxiste, mais laissez-nous montrer nos jolies dents, pendant qu’il est encore temps. Et... Elodie... Elodie ? ( Zero sept, vingt. Montpellier Saint Roch dans dix minutes dit la voix du train. Elle s’est endormie, je la regarde, et la laisse dans le train. ) A la semaine prochaine ( enfin presque ). JD Ma vie est plus belle que la vôtrePar Jocelyn D. :: 08/10/2008 à 18:29 :: Général
Élodie, Part one ![]() « Grâal ». Ca sonne comme un cri de douleur non ? Comme quelque chose qui ne passe pas. Quel est ton Graâl Perceval ? Peu importe le Graâl, ce qui compte c'est la quête. C'est un prétexte pour chercher, parce que quand je n'aurai plus rien à chercher, je n'aurai plus à espérer, et sans espoirs, surtout déchus, je ne vivrai plus… » - J’ai fait un rêve érotique avec Tzipi Livni, la future dirigeante Israélienne, pas plus tard qu’hier soir, tu le crois ça ?... - - Oh, moi c’est pire, elle me dit en riant. Je crois que je suis tombée amoureuse de Mahmoud Ahmadinejad. C’est horrible hein ? Mais je n’y peux rien, dès que je l’aperçois sur Al Jazeera je deviens folle, je le trouve super sexy, quoi qu’il balance, je suis fan. - - Dis, je ressemble un peu à Ahmadinejad, non ? - - Bof, tu n’as même pas de belle barde brune d’islamiste… - - Bon, peut-être, mais j’ai de l’opium et de l’uranium enrichi dans mon studio ! - - Ah ouais ? On va voir ça. - J’imagine, une rencontre improbable qui s’engage un peu comme cela, au détour d’un sombre et long couloir. Tiens, je vais l’appeler Elodie. Elodie, donc, fille d’un père neurochirurgien réputé et d’une avocate franco-sénégalaise dépressive, a passé son enfance dans le neuvième, et son adolescence dans la quartier de Trastevere à Rome. Elle valide sa licence de droit à la «Sapienza», poursuit son Master à Assas. Elodie collectionne les robes couleur prune, aime trainer dans des soirées de jeunes riches, comme dans un livre de Cecily von Ziegesar, s’ enchainer nombre de Planters punch qui entaillent les neurones. Elodie ne manque de rien, sinon d’une solide raison de vivre, qu’elle pense – pourquoi pas – trouver dans la politique. Il n’y a rien de plus beau de se battre pour des idéaux, dites, franchement hein ?... - Bof tu sais, moi j’adhère à la philosophie du film « L’aventure c’est l’aventure ». Mon idéal est d’en avoir aucun. La politique, ce gros tas de foin qu’on appelle « politique », faut s’en servir, plutôt que servir je ne sais quelle cause au nom de l’intérêt soi-disant commun. Le vrai pouvoir, c’est d’assister tous ces gens qui aspirent à l’avoir. Je n’ai plus d’idéal, je ne suis fanatisé par aucune cause, et suis prêt à toutes les servir pour le seul profit. - N’importe quoi, qu’elle me répond. Je nous imagine traverser le jardin du Luxembourg. Plus ringard, tu meurs. Avec elle, longer les orangers et les appartements de sénateurs. Entre les marmots qui se tapent dessus et les vieux qui se disputent, au soleil couchant d’une fausse grisaille, j’observe discrètement la coloration de ses cheveux, ses petits penchements de têtes et ses sourires faussement dissimulés. - Lundi dernier, j’ai vu la crise en direct. Sur CNN, avec le rejet du plan de sauvetage financier de la dernière chance dit « Paulson » à 700 milliards de cacahouètes. Après un week-end de négociations, qui a vu les points de vue démocrate et républicain se rapprocher, et un accord émerger, tout le monde pense légitimement que, cette fois, sûr de sûr, les loulous c'est dans la poche. La présentatrice de la chaine est confiante, l’analyste financier cravaté à côté d’elle, aussi : « ca va être serré mais ça va passer » nous confirme-t-il avec un sourire apaisant. On assiste donc, en « live » et dans la bonne humeur, au décompte qui se fait au fur à mesure que les élus votent. Au début le « oui » a une bonne trentaine de voix d’avance, une vingtaine, puis une dizaine, et puis, tadam, le « non » prend la tête ! A partir de ce moment, c’est la panique. Les investisseurs de Wall Street lâchent définitivement l’affaire, et le Dow Jones entame immédiatement une chute que l’on nommera d’une voix grave et langoureuse : « vertigineuse ». S’en suivent trente minutes de télévision assez incroyables, où l’on voit sur un même écran l’écart entre le « oui » et le « non » s’élargir, la bourse dégringoler à vue d’œil, et les commentateurs de CNN, quelque peu remués, réellement excités, répéter « qu’ils n’avaient jamais vu ça ». Une sorte de réaction en chaine parfaite, qui détruit tout sur son passage et semble impossible à arrêter. Des vagues de points s’écrasent en quelques minutes constituant, selon les spécialistes, la plus grande chute de l’histoire de Wall Street. Waw. Au final 228 contre 205, et 770 points en moins. Badaboum. Les médias adorent cette crise, c’est spectaculaire et ça fait peur, comme les guerres, les attentas, ce genre de choses. Je commence moi même à en être accro, je me surprends à passer des nuits d’insomnies devant Bloomberg TV ; au lieu de compter les moutons, je compte les multinationales qui plongent. Une semaine après, on nous annonce que le plan Paulson est finalement passé, zut !... Mais que la crise est loin d’avoir dit son dernier mot … Ouf ! Parce que moi je l’aime, cette crise, et ne veut en aucun cas la voir partir. Je m'explique : il s’agit d’une purge, elle a donc de vrais effets bénéfiques. Par exemple, dans la reconstruction d’un capitalisme plus humain, mieux régulé, dans l’élaboration d’une authentique Europe politique, économique. Malgré les dommages collatéraux, forcément dommageables. - C’est d’une délicieuse simplicité ce que tu racontes, un peu crétin et relativement dangereux, mais au moins, cela prouve que tu as encore quelques idéaux, me lance t-elle nonchalamment. - - Peut être… Et toi, tu fais quoi de tes journées ? (j'essaye de changer de conversation) - - Moi, je fais croire à des garçons qu’ils peuvent sortir avec moi, avant de les humilier en leur disant que finalement non - - Génial, je vais tomber amoureux de toi. - - Ouais, j’ai compris cela, ta passion immodérée pour les amours impossibles... Comme cette brune aux yeux verts cet après midi, qui pourtant parlait de son mec à chaque fin de phrase - - D’accord c’est vrai, je cours après les échecs annoncés. Mais quand même, elle est jolie, cette brune aux yeux verts… - - Et moi alors ? - Toi, c’est différent, tu n’existes pas. Ou pas vraiment. Tu as été créé pour mon bien. Tu es ma copine chimérique, mon alter-égo littéraire. Je te le rappelle, on vient tout juste de se rencontrer dans les couloirs de la faculté, et là, on va dans mon studio afin de faire l’amour sur mon clic-clac IKEA. Et tu aimeras cela, puisque tu n’existes pas. Ensuite, on parlera du devenir des radios indépendantes, des séries américaines à l’eau de rose, de Machiavel, de Michel Rocard, de Paul McCartney et de Roméo Castellucci, jusqu’au bout de la nuit, et ça te plaira, car tu n’existes pas. Instants délicieux, partagés. Désir mutuel, mutuel parce que tu n’existes pas. ( A la semaine prochaine. ) JD la mort du jourPar Jocelyn D. :: 29/08/2008 à 18:15 :: Général
Se faire pincer très fort « Puis l’ombre vient, roulant, dans ses mornes suaires, Et le ciel et la terre, et les roses du soir ; Mais, comme en pleine angoisse un radieux espoir, Les étoiles là-haut luisent, tendres et claires. » ____________________________________________________________ ![]() Fais gaffe, petit lapin aux grandes oreilles, aux mains baladeuses. Si celles-ci se retrouvent par mégarde dans le traquenard sournois des portes palières des métros franciliens, crois-moi, tu pourrais te faire sacrément mal. Puis tu paraîtrais ridicule aux yeux des autres voyageurs, que j’imagine hilares dans une telle situation, bien tiens, un lapereau dans le pétrin, c’est marrant tout plein. Un conseil, ne fais pas le bavard, sois absent, joue l’inattention. Fond-toi dans la foule, serpente le troupeau, noie-toi dans la multitude. Voilà, fais-toi oublier, tout simplement. Ces amis (ce sont eux qui tiennent à t’appeler « ami ») se moquent de toi, là, devant ton museau transi. Ils ont besoin de toi, tu es leur faire-valoir, ils conçoivent l’amitié comme un beau miroir. Pour autant, raisonnablement, ou plutôt théoriquement, un ami s’abstient de tout jugement, fait fi du temps qui passe, se laisse emporter vers un état qui transcende son être. Ouais, ouais c’est la définition générale, et après ?... Et voilà, tu te compares à un lapin au beau milieu de la ligne 13, à 7h du matin, c’est malin. Un jour ou l’autre, il va bien falloir que je remette en cause la pertinence de certaines de mes connaissances, ceux-là mêmes qui adorent m’appeler « ami », que je me dis, juste après être allé à un gentil mariage en terre bretonne. Un mariage où je n’étais pas à l’aise. Remarque, je ne suis jamais à l’aise dans un mariage. J’ai néanmoins senti la mariée heureuse, et ca m’a tout de même rassuré. Après la Mairie, l’Eglise, et le diner, et la soirée dansante (fort heureusement, le champagne était à volonté), nous avons rejoint nos tentes, plantées autour de la propriété où tout le beau monde a joyeusement festoyé. - Quatre heures du matin et quelques poussières, J’étais seul dans mon abri Quechua, autour de moi deux couples faisaient l’amour (avait-ils remarqué que j’étais juste à côté ?... Je me souviens avoir hésité entre ignorance, provocation, et cynisme) ; résultat des courses, je l’avoue, j’ai eu un peu de mal à m’endormir. ---- Et sinon, tu as fait quoi pendant ce mois d’aout, toi qui a dit que tu reprenais ton blog, espèce de salopard ?... Eh bien figurez-vous que, dès la fin de ma courte expérience de comédien pendant le festival d’Avignon, je me suis directo envolé vers la capitale à la recherche d’un studio, moins de 500 €, si possible « proche » de l’Université Val-de-Marne, et de Paris la belle, autant vous dire que je me suis éclaté. Tout d’abord, il y a les agences qui, lorsqu’elles sont ouvertes, vous envoient magistralement chier lorsque qu’on a l’inconséquence, le malheur de prononcer deux mots visiblement blasphématoires dans le monde de l’immobilier : « étudiant », et « location ». - Et sinon ?... il y a « Particulier à Particulier », « Pap » pour les intimes, qui a l’avantage et l’inconvénient d’avoir beaucoup de succès. Toutes les semaines, une centaine de studios se libèrent dans la région Parisienne, le magazine sort le Jeudi, et tout se joue entre sept et neuf heures du matin, après les rendez-vous sont pliés. Généralement, il y a entre trente à soixante personnes pré-sélectionnées par les propriétaires, reste à sortir du lot par la suite. Dès lors, deux grands critères rentrent en compte : Couleur de la peau (je suis presque dans les standards, même si le tip-top c’est le mix peau blanche/peau dorée, du genre je suis parisien mais je passe mes vacances à l’ile Maurice), et, surtout, revenus des géniteurs. C’est sur ce deuxième point que la tache devenait uniment ardue… Il m’arrivait de repenser à ces sombres crétins qui m’insultaient joyeusement sur mon blog en me qualifiant de « bourgeois ». Honnêtement, je n’étais pas contre, mais là vraiment pas de bol, je n’étais pas perçu comme tel par les propriétaires. C’est con. ---- Puy Violent, mille cinq cent quatre-vingt douze mètres en Auvergne. Un vent d'est frôle les quelques herbes jaunies, étonnamment doux, qui chatouille la nuque et fait danser les cheveux. L’horizon laisse apercevoir un soleil agonisant, les stratus passants filtrent les quelques débris lumineux restants, déclin journalier de fin d’été, couleur fraise écrasée. Tendre reposoir, amplement mérité. Une émanation noirâtre s’immisce puis colonise les reliefs vulcaniens. Tout est calme, univers muet. Et sur ce bloc de basalte, tout à fait inconfortable, je pense aux gens qui ont pris la peine de m’écrire, et dont je ne réponds point. Pas qu’ils ne comptent pas pour moi, juste parce que je n’ai rien de bien intéressant à dire, à leur dire. Ma vie reste en suspens, dans l’attente, et, oui, tu as raison, petite conne, je me complais dedans. JD ---------------------------------------- PS 1 : J’ai tout de même fini par trouver un petit studio bien sympa, derrière le bois de Vincennes, à Joinville le Pont. PS 2 : Pour ceux qui ne connaissent pas le lapin du métro dont je fais allusion, véritable icône parisienne, je les invite à se documenter sur cette page. C’est plutôt fascinant de voir tout ce travail de recherche autour d’un simple autocollant RATP. "Personne te pousse à boire"Par Jocelyn D. :: 26/07/2008 à 4:18 :: Général
- Mon Anniversaire, etc.
_________________________________________ 23 / 07 - J’ai 22 ans demain. La veille, j’ai vu un couple heureux s’embrasser sur le parvis du palais des papes. Festival Off, sept jours qu’il me reste dans la peau d’un comédien, jouant le rôle d'une servante devant un public toujours complet, avec un affublement tordant d’adiposité ; des hanches, des seins, et des fesses démesurées pour faire rire messieurs dames. J’ai arpenté en diagonale ce milieu particulier, cette compagnie, cet univers qui m’a contraint de m’effacer complètement, marcher sur des œufs, avaler des couleuvres à demeure. Jusqu’alors, je n’avais jamais vu autant de narcissisme, de susceptibilités, en clair de fragilités au mètre carré. Comédien n’est pas une charge pour moi, je n’ai ni la force, je n’ai ni le talent pour. Ainsi donc, 22 ans. La lune me nargue, le vent frappe les affiches cartonnées dans ma rue, les chats se battent, une enfant pleure en dessous de ma fenêtre. Plus qu’une trentaine de jours et je quitte Avignon. Je pense à tout ce que je n’ai pas pu dire, à tout ce que je n’ai pas pu faire. Et je pense à elle, que j’ai aimé en secret, que j’ai longuement regardé sur les bancs de la faculté. Dulcinée qui, de par sa perfection, sa splendeur, suscite mécaniquement dans ses passages luminescents une haine violente, frénétique et incontrôlée de la part de la gente féminine : la jalousie. Que la beauté est injuste, hélas... Que la beauté fait de moi un être cynique et froid ! 22 ans, peut-être jamais été autant entouré, et me sens si seul. Avide de désirs assouvis, de rêves éveillés, de sourires lubriques et de frôlements lascifs. De beaux et désespérants songes frémissent dans mon corps inutile. Ainsi mon chemin honteux : oser me complaire dans une neurasthénie douillette, confortable, mais si facile, si triste. Joyeux anniversaire, Jocelyn !... Tu as à choisir entre deux masters. Sciences Politiques spécialité communication interculturelle et journalisme européen à Marne la Vallée, et Communication Politique et publique en France et en Europe à Créteil. Pour l’instant, tu privilégies le non choix (comme souvent). Admis aux deux, tu renverras les deux dossiers de confirmation et tu te détermineras au dernier moment. Ton projet, du moins celui que tu as annoncé dans tes lettres de motivation (manuscrites), est pourtant vague : tu dis tout le temps « je veux être dans la politique sans y être, dans le journalisme sans y être, un pied dedans, un pied dehors », ce qui est sympa tout plein (au moins, après avoir dit ça on te laisse tranquille), mais concrètement ça ne veut rien dire. Tu ne sais pas ce que tu veux, mais tu feins de le savoir, ça te donne une envergure au dehors. Joyeux anniversaire Jocelyn. Il est tard et tu n’arrives pas à dormir. Tu allumes alors la radio et tu tombes sur ce monument de la chanson française Chacun Fait (c’qui lui plaît) par Chagrin D’amour : « Seul sur le lit dans mes draps bleus froissés / c’est l’insomnie, sommeil cassé / C‘est plein d’Kleenex et d’bouteilles vides / Je suis tout seul, tout seul, tout seul » (là, tu décèles aussitôt une analogie, narcissisme oblige). Grégory (c’est son nom, dans la chanson) lâche son désespoir de sa voix rocailleuse « l’précipice est au bout ! », et les chœurs, en cadence, lui répondent tous guillerets « l’précipice on s’en fout ! »… Ah ! C’est magnifique. Vingt-deux ans bientôt. La veille, j’ai vu un couple joyeux s’enlacer sur le parvis du palais des papes. Je pense souvent à Claire et Cyril, que j’ai promis d’aller voir depuis qu’ils ont un enfant, mais voilà, je n’ose pas. Leur côté « couple parfait » me tétanise. Ils sont beaux, ils sont gentils, fondamentalement biens, je crois que je suis jaloux de ce qu’ils sont, de ce qu’ils représentent. Jaloux parce qu’ils sont mon idéal de vie, mon mythe à moi d’ascension sociale. Certains bavent en regardant la vie des PDG milliardaires devant Capital, moi c’est devant l’émission Les Maternelles ; ces couples radieux, la trentenaire heureuse, barbe de trois jours, coupe au carré effilée sur les côtés, ébouriffée derrière, trompeter la truffe au vent leur bonheur d’être parents, exposer à la face du monde leurs théories sur l’éducation de leurs marmots … Et Karine Le Marchand, toujours superbe, qui approuve, désapprouve, ouvre grand les yeux, fait des « ohhh », des « ahhh », ou des « oh bien dis donc », telle une Blanche Neige sous ecstasy. Et puis moi, devant ma télé, désormais obligé de porter ces putain de lunettes (myopie légère, vous savez) pour tenter de déceler les mystères des mimiques de Karine, essayer aussi de m’imaginer à la place du mec à la chemise bien repassée, parler de ma progéniture, chaire de ma chaire, le matin sur France 5 : le bonheur. 25 / 07 - Il y avait une soirée barbecue dans le théâtre ou je joue, où toutes les compagnies du lieu pour le festival étaient invitées, du type repas c’est sympa on fait la fête on rigole en écoutant American Boy d’Estelle et on bouffe des merguez dans du pain. Je n’étais pas à l’aise du tout, j’avais le cafard, d’ailleurs dans toutes les fêtes où les gens s’amusent c’est la même chose, j’ai l’impression de gêner (ou bien) d’être inutile. Je n’ai pas le courage, et certainement pas le talent, pour aller spontanément vers les gens, pour m’immiscer dans des conversations, me forcer à rire dans des moments clés, faire l’intéressé, faire l'intéressant, tout ça. On m’a demandé de rester, alors je me suis mis à boire. Mais bien. En deux heures j’ai avalé de jolies quantités de vin rouge, avec rien dans l’estomac, ce qui a accéléré le processus. A trois heures je dormais près de la poubelle, inerte. Le matin, tout le monde était content de me voir, on me lançait des sourires complices… J’ai très vite compris que je fus l’attraction de la soirée, le gars bourré qu’il a fallu transporter à deux, qui dégobillait à tout bout de champ, pour le plus grand plaisir des passants. Je m’attendais à me faire engueuler (en terme d’image pour la compagnie, même pour le théâtre, avouez qu’il y a mieux), c’est limite si on ne m’a pas remercié. Où plutôt, on était content pour moi. Ah le toujours timide Jocelyn, renfermé sur lui même, là il était rigolo, il a dansé n’importe comment, était jovial et sociable, disait des âneries, Mouarf ! Franchement, jt’assure on s’est bien bidonnés !... Autre résultat sympa, une « gastrite alcoolique » m’a tendrement accompagné toute la sainte journée de mon anniversaire, et j’ai vu la bile en moi, s’égorger. La honte m’envahir aussi par la même occasion (tant qu’a faire). A savoir donc, j’ai l’alcool triste, surtout en ce moment. Amis, soyez gentil, ne me laissez pas boire. 26 / 07 - Je suis allé voir « Rêve d’un homme ridicule » au Théâtre du Roi René. Un texte de Dostoïevski, que je ne connaissais pas. C’est l’histoire d’un mec qui se trouve ridicule depuis sa naissance : laissé des gens et des rouages du monde, il décide de mettre fin à sa vie. Oui mais, juste avant d’accomplir l’acte fatal, il fait un rêve soudain, et se retrouve sur une terre paradisiaque, où les hommes ne sont qu’amour, calme et volupté, où aucun péché n'existe, ni cruauté, ni avidité, le paradis quoi. A son réveil (j’abrège un peu) il renonce à son suicide et se sent investi d’une mission : annoncer à qui voudra qu’un monde meilleur ne peut exister que si les hommes s'aiment les uns les autres. Pas con. J’avais terriblement envie de reprendre mon blog. JD ''Tremblement des yeux''Par Jocelyn D. :: 24/03/2008 à 3:51 :: Général
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Je la devance, votre satanée question. Pourquoi diable déserter ce blog qui me tend les bras ? Hein ? Bin alors dis donc ? Il y a pourtant tant de choses à dire pensez-vous. Et vous avez bien raison : Les charmantes fredaines de notre président, Carpentras qui passe à gauche, la hausse du prix du pamplemousse, mes expériences radiophoniques, ma réélection triomphante au Conseil d'administration de ma faculté, mon nouveau forfait Orange, l'arrivée de Radio Nova à Avignon, mes haltes intempestives à la Fabrik Théatre, et plein d'autres sujets distrayants, captivants, émouvants, qui, je le sais que trop bien, vous apportent (apporteraient) extase et félicité... Bon... Déjà, j'écris ailleurs, j'écris pour moi, et pour mes amis, et j'envoie des choses par mails, parce que c'est trop brouillon, ou parce que c'est trop personnel, ou les deux. (...)
Google Analytics ( service d'analyse de sites web gratuit proposé par qui vous savez ), me donne les mots-clefs les plus populaires des gredins qui ont atterrit sur mon blog. J'en ai sélectionnés quelques-uns, parce que c'est sympa tout plein : « blog d exhibe de couple sur rouen », « blog de couple rouen libertin », « blog video femme exhibitionniste en robe transparente dans la rue », « blog peur angoisse mélancolie », « gros seins et tetons pointus sous chemisier blanc transparent », « j ai 21 ans et j'ai des tremblement des yeux » (je l'aime bien celui là), « jocelyn le macho », « présentatrice de télévision montrant leur décolleté sexy », « Banette mazan » et le meilleur pour la fin, « vieilles salopes de 80 ans avec vieux puceau ». Je m'attarde quelque-peu sur cette dernière requête, vous conviendrez que ça vaut le coup. Et on se plonge dans l'ambiance, les amis. Ainsi donc, le 4 mars 2008, m'affirme ce service, dans la jolie ville de Lille, un obscur internaute (abonné à France Télécom) tapote non-sans enthousiasme sur son moteur de recherche favori, la phrase : « vieilles salopes de 80 ans avec vieux puceau ».
Bref, jusqu'ici, tout va bien. On va dire ça. Certes, quatre-vingt pour cent des « nouveaux visiteurs » sont à priori de gros pervers... Mais normalement, une fois arrivés, il ne restent pas longtemps, cinq secondes tout au plus, réalisent que je ne propose pas tout à fait ce qu'ils recherchent avec véhémence. Seulement voilà, celui-là est différent. Oui, celui là même qui cherche des « vielles salopes » avec des « vieux puceaux » a squatté bien plus longtemps sur ma page. Treize minutes vingt-quatre secondes très exactement. Et on dira ce qu'on voudra, ça fait beaucoup treize minutes vingt-quatre secondes... Ce service d'analyse ne me dit pas si tu es revenu, oh grand malade. Mais saches que la durée de ta visite à remis sérieusement en question l'existence de ce que tu es en train de lire... Et je veux savoir, si il y a, à tes yeux, un lien entre ta quête, et mes mots. Le pourquoi de tes treize minutes vingt-quatre. (...)
03h31. Deuxième canette de Coca Light. Cette nuit est fraiche je me dis, j'ouvre la fenêtre de ma chambre, Mazan chez mes parents (week-end de Pâques oblige), je regarde mes messages sur facebook, sans que rien arrive. Quelque chose s'est passé la semaine dernière. Quelque chose de pas commun. Quelque chose de tout à fait agréable, que je n'avais nullement anticipé. Deux ou trois chansons, frottements de vêtements, lacets défaits, et se sentir un peu différent. Sentir l'évidence de l'instant. De la beauté. Le désir simple et mystérieux d'un heureux hasard qui se répète.
Le symbole de la bestiolePar Jocelyn D. :: 18/02/2008 à 2:22 :: Général
------ L 'angoisse en camera subjective
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« Et lui c'est qui ?... Lui, c'est le client. Il pense qu'il a bien fait de couper par le jardin... »
1] Et celui là alors ? Lui, c'est l'étudiant, il sort de la banque, il est amer, il n'a qu'une cinquantaine d'euros sur son compte, ce qui est un peu juste pour vivre pendant deux semaines. Mais il fait beau, un bleu ciel pur, comme si la nuit hésitait à tomber... et, heu... 2] C'est toujours difficile de vouloir faire un article un un tant soit peu original dans mon blog, de se dire, allez on va raconter une histoire destructurée, ça va les épater. Elaborer un compost synthétique où la langue s'exprimerait sans retenue apparente mais dans un contrôle total de ses effets et de ses intentions. Une roue libre autoritaire, une frivolité d'apparence. 3] Depuis ces derniers jours, j'ai joué le rôle du disparu. Cela consiste à ne pas répondre au téléphone, à ne pas être sur Gmail, et autres Windows live messenger. Ne pas bouger lorsque l'on sonne a la porte. Garder les volets croisés. Faire ses courses aux Halles très tôt, ou très tard dans l'épicerie arabe, rue des lices. Au travail, parler peu, faire ce qu'il y a faire et partir sans dire au revoir. Je pourrais crever d'une hémorragie Interne dans mon studio, ils mettraient une éternité à le découvrir. Comme ces vieux qui croupissent chez eux pendant des années, morts. Avant que les voisins se plaignent dune odeur étrange dans l'escalier... 3,5] Chercher l'indifférence, la provoquer, c'est une sorte de suicide expérimental, permanent, en principe non-fatal, donc mieux toléré. 4] J'ai assez bien passé la turbulence normée Saint Valentin. J'ai relu Alain Soral. J'ai regardé «A vous de juger » sur France 2. Il y avait Pierre Moscovici et Manuel Valls d'un coté, Rachida Dati et Xavier Darcos de l'autre, et Bayrou au milieu. Le sujet c'était, si je m'en souviens bien, quelque chose comme : « Sarkozy la fin de l'embellie ?» (d'ailleurs ça marchait aussi avec ''embolie''). Bref, ce qui était rigolo dans l'émission de Chabot, c'est que la dite droite défendait farouchement le principe d'interventionnisme d'état en faisant fi de la situation de nos finances publiques, alors que la dite gauche prônait la politique de rigueur, le serrage de ceinture au dessus de la taille en jouant la partition : « Arrêtons les promesses dont nous n'avons pas le sou ». C'est l'effet Bayrou 2007 ça.
5] J'ai reçu un texto, dans la matinée de Samedi. C'était remy : « ce soir ciné ça vs di? ». Et comment que ça me dit, ouais, c'est une bonne idée, ça me changera. Et je décide de répondre, je fais mon sociable, et je clos du moins temporairement ma période casanière. Un film est proposé : Ps I love you . Je trouve intéressant d'aller voir un film que je ne serais pas allé voir de moi même (un mélo tire-larmes un peu nunuche), alors j'étais partant... Ce qui ne fut pas le cas de tout le groupe. Voulant à tout prix éviter les conflits (la fameuse volonté partagée d'unité) on se redirige en urgence sur Cloverfield. Une sorte de mix entre La guerre des mondes et Blair Witch. En gros, un film de monstre filmé en camera subjective avec un camescope familial. Un Blockbuster emballé comme un film indépendant. Un compromis qui satisfait tout le monde, alors on y va. 6] Malin, et surtout très bien foutu, ce film. On rentre dans la peau du personnage - cameraman : comme lui on ne sait pas, on comprends pas, on subit. Et lorsque tout le monde court, la camera virevolte dans tout les sens. Burp ! 6,5] Auparavant, les films de monstres étaient souvent utilisés à des fins propagandistes. Par exemple, l'ennemi-monstre catalogué ''URSS'' violente les pauvres yankees innocents. On avait le bien et le mal, et après moult péripéties, le bien triomphait, prouvant que c'était bien eux les meilleurs, et qu'ils ne fallait pas les faire chier. Avec Cloverfield, on quitte le point de vue global pour se recentrer sur l'individu. La bestiole serait alors une métaphore de la peur, mutante, insaisissable et destructrice. Une peur inhumaine enregistrée à taille humaine, mal cadrée, tremblante. Une expérience cinématographique unique en son genre, à conseiller. ___________________________________________________________
( bonus ) Ah oui, je me suis amusé à faire une émission lors d'une nuit d'insomnie, [ATTENTION : quelquefois, la musique tourne au ralenti : re-essayez] 02:05Par Jocelyn D. :: 04/02/2008 à 2:04 :: Général
------ La soirée du premier paragraphe « Des va-et-vient, des lamentations, quelque chose de lancinant, de régulier, propice au sommeil. Ça a commencé comme ça. Se retrouver fin de soirée, vouloir consoler une fille bien qui pleure l'infidélité toute récente de son petit ami, entre deux copines compatissantes. Rester figé, pas savoir quoi faire. Pis se dire la vache, j'aimerai bien qu'on chigne comme ça pour moi. Ou bien même, moi aussi je veux pleurer un amour déchu, épandre des carafes de larmes, crier mon désespoir, exhiber mon déshonneur. Dire aux gens que les filles, bin, c'est toutes des connasses, que ouais de toutes façons, on ne m'y reprendra plus. Ce genre de choses. Préparer un exil. Prendre un rendez-vous avec la conseillère d'orientation. S'imaginer dans dix ans. Se concentrer parce que quelqu'un me fait confiance dans l'écriture de bribes qui pourraient se transformer en spectacle (sait-on jamais). Imaginer des sujets consensuels mais impertinents pour la radio. Et on m'explique que je bafouille, que mon débit est saccadé, que je ''mange'' mes mots. Et alors vous m'emmerdez quoi, Colombe Schneck elle fait bien vingt minutes quotidiennes sur Inter, alors. Préparer un exil. Vouloir reprendre à zéro, tout. Tromper les gens sur sa vraie nature. Être le parfait adolescent bien dans sa peau dont parlait Halv, cliché dont personne ne croit, cliché dont tout le monde aspire. Donner deux euros au gueux qui fouille les poubelles devant chez soi, s'en vouloir de ne pas l'avoir invité à avaler un morceau, même si le frigo est vide, il doit rester des oranges, quelques cookies nougatine ''prix malin''. Quand on me demande quel est mon tube de l'année 2007, je réponds « Forever Young » de Sex in Dallas. Parce que les paroles, d'un cynisme absolu, me parlent, parce que l'album est génial, parce que le clip ne veut rien dire. Ouais, j'aime bien regarder les clips de musique électronique sur dailymotion. Comme celui, beau et idiot des Micronauts (misogyne m'affirme t-on, parce que voyez-vous, on y voit une femme seins à l'air). Aussi, le mythique « Signature » qui réussit en une poignée de minutes à fédérer les fans de tuning et ses détracteurs, susciter l'admiration chez les uns et la raillerie chez les autres. En plein milieu d'un conseil d'administration, défendre un amendement tête baissée pour le jeu. Se demander si je cautionne ce que je blatère. Si ma lutte contre le corporatisme étudiant n'est pas en soi un nouveau corporatisme. L'Unef et sa doctrine Jacobine du pouvoir, des cadres qui s'évertuent à nous expliquer le bien et le mal, les gentils et les méchants dans des week-ends de formation où les repas sont payés par le Crous Montpellier. Je fus d'une discrétion irréprochable même si un repas, j'ai eu envie de crier « Pauvre conne » à celle-là qui m'expliquait que toutes les filles doivent être automatiquement féministes, et même de par leur sexe, bien plus féministes que les hommes. La discussion se poursuit sur internet avec Marion, une semaine plus tard. Je me demande si s'affirmer féministe est une bonne façon d'être féministe, que je lui dit alors. Au lieu de multiplier les journées thématiques (femme, homos, jeunes, racisme, nains) on devrait faire une journée de l'homme, ou de l'humanité, qui lutte contre toutes les discriminations, sans distinctions, sans classements et surtout sans vengeances sous-jacentes, j'ajoute. « Avec certaines personnes j'ai envie de leur en faire baver », elle me répond. Humilier un macho le confortera dans son rôle de macho, je lui rétorque. De toutes façons, faut arrêter l'hypocrisie avec le macho, le drageur, le phallo. C'est lui le roi du monde. Regardes, tu prends un macho et un timide: le garçon timide n'osera jamais te voir, alors que le macho s'empressera de venir vers toi pour te faire la cour. Et statistiquement, à partir de là, il y a bien plus de chances que le macho réussisse son opération (même si on est dans le court-terme) que le timide qui restera dans son coin, au loin, et regardera avec effarement cette scène de drague brutale, rentre-dedans. J'entendais une amie ce week-end dire « Au point ou j'en suis, je prends tout ce qui vient », j'ai trouvé ça révélateur. Marcher à l'usure, à la flatterie, z'êtes drôlement jolie mam'zelle.
Dans la soirée du premier paragraphe, j'aurais bien aimé être un gros macho.
Multimédia, comme qui diraitPar Jocelyn D. :: 24/01/2008 à 8:16 :: Général
Décembre reviewPar Jocelyn D. :: 31/12/2007 à 10:41 :: Général
------ Mélancolie / Nuit Blanche « Je pourrais dresser la liste d'une multitude de ces menues idylles à sens unique » Quand une nana sent les approches d'un pauvre garçon un peu trop appuyées, elle glisse, l'air de rien, au beau milieu d'une phrase, deux simples mots : « Mon mec ». Voilà, il n'en faut pas plus. Et tout s'effondre. Le sous-entendu est d'une intensité redoutable : tu peux toujours ramer mon coco, je suis casé, bien casé, avec un type qui a le permis et un BEP, qui a un salaire et des gros biscotos. Il m'amène à La Station le samedi dans sa 206 rouge-vif et on danse toute la nuit, il sait me faire jouir et quelquefois regarde France 5 avec moi le dimanche après-midi. Mais continue à flirter avec moi, quand même, ça flatte mon ego de salope, ça élève ma place au classement des pouffiasses. Non, non, prend pas la peine d'essayer de me le dire, je sais bien que je t'attire. Grâce à toi, d'ailleurs, je me sens un peu exister. Ouais, continue à me regarder avec tes beaux yeux tristes quand je te parle de « mon mec » le sourire aux lèvres , dans une file d'attente. J'ai l'impression de te contrôler, c'est marrant, c'est apaisant. J'aime te faire souffrir, en te miroitant que tout peut-être encore possible. Comme le dit le viel adage, sur un malentendu ça peut... Enfin rêve, rêve petit con, ça justifie ma vie.
« Réaliser l'impossibilité et la nécessité de la tâche dans le même mouvement de la pensée »
« Quoi de plus agréable que de sentir que l'on est la source unique, la cause arbitraire et irresponsable des joies et des malheurs d'autrui ? »
Je hais le vent. Le Mistral Avignonnais, surtout. Et le pire dans tout ça, c'est que tu trouveras toujours un gars dit « du pays » t'annoncer fièrement que le vent, lui, « ça lui fait rieng », qu'au moins « c'est bieng parce que l'on voit le soleileuh ». Après, ces mêmes érudits te font généralement une grande théorie, comme quoi à paris, et dans « tout les pays, là-bââ, dans le Noreuh » ils dépriment à plein tubes à cause de la «sinistre grisailleuh ». J'arrête là.
« Du reste la vie est faire d'événements sans importance, fugaces, interchangeables, dont le degré de réalité demeure à l'appréciation de chacun ».
Une personne somme toute respectable (élevée hiérarchiquement, surtout), accompagnée d'une autre qui l'est presque tout autant, m'a affirmé dans ce même Stand que je ressemble considérablement à Eric Forman, de la série that's 70 show. Enfin, j'ai internet. Ouf. A peu près 20€ de communications hotline (Bien réflechi, ça fait pas cher la découverte tourisitque du Maroc) cinq aller-retours en boutique, mais finalement Numericable, ça marche pas si mal.
« Comptabilise tes victimes, garde un oeil sur tes ennemis, dévalise les vitrines, applaudi lorsque les morts s'animent, souviens toi comme c'est beau la vie. »
31 décembre. Dernière nuit en 2007. Et une nuit blanche comme j'en ai rarement faite. Tout le borgnion sans le moindre dodo. Alors, j'ai écouté des MP3 avec mon casque Technics que j'ai gagné à Noël. Le dernier Album d'Autour de Lucie (il sonne drôlement bien au casque, je me suis dit), Loney Dear (ça c'est super bien, aussi), Burial, Laurent Garnier... Demain, je prendrais tout un tas de résolutions : faire du sport, arrêter de « maltraiter » mon « rythme naturel » en me couchant plus tôt et à des heures plus régulières, arrêter de travailler dans l'urgence pour tout, remplir plus souvent mon blog, manger équilibré, ne pas laisser passer des occasions, avoir confiance en moi. Bref, ça s'annonce bien.
PS : Quelques justifications de mon absence bloguesque, ici, ici, ou encore ici... Et pour me faire pardonner, une playlist des fêtes bien sombre, programmé par moi, en écoute : cliquez là.
Voilà. JD
Retour blog, détour viePar Jocelyn D. :: 09/12/2007 à 22:56 :: Général
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Dernière ligne. Une chambre, froide et vide. Une Attente.
Un homme, et des pensées. (Extraits...) __________________________________________ Il compte les jours à l'envers. Il essaye de pleurer devant la glace. Il a du insister pour qu'on le laisse un peu. Il veut se voir désagréger, être l'unique témoin de cet incident planifié. Dans ce mourroir, il brûle de l'intérieur, il se consume et le ressent secondes après secondes. A travers la fenêtre, Il s'avoue être bien incapable de voir s'il fait beau ou s'il fait un temps de merde. Le bip et le bip et encore le bip de la machine lui rappelle que le temps passe, désormais. Avant, il n'y faisait pas franchement attention. Bien sur, il sentait l'heure tourner, mais ne voyait rien venir, rien de bien concret, pas d'échéance qu'on dirait fatale. Avant, c'était avant cette chambre glaciale, et vide, et blanche. Il n'ose plus bouger par peur de défaire sa couverture bleue qu'on lui a si bien bordé la veille. Cette petite couverture bleue qui le protège un peu. Sur le chevet, il y a un livre de Joanna Russ, l'autre moitié de l'homme, de la collection ailleurs et demain. Le théâtre complet I et II de Tchekov en Folio. Un aimant plastifié où l'on voit la tête de Charles Bukowski avec une citation : « Some people never go crazy. What truly horrible lives they must lead », il y a une Pink Lady un peu pourrie, aussi. Dans son dernier rêve, elle fermait les yeux, elle était allongée avec lui et elle semblait heureuse. Avec son pouce il lui frôlait les lèvres de sa petite bouche. Un peu humides, un peu froides, ses mignonnes petites babines. Dans son dernier rêve, elle respirait profondément en le regardant, comme pour le remercier, avant d'éclater de rire, susurrer « je t'aime ». Il aime son sourire, elle est belle quand elle sourit. Dans son dernier rêve, il était encore quelqu'un important, encore, important pour elle. Sur son Ipod, il écoute le dernier Radiohead (qu'il a décidé de payer 5£). Quelquefois, il verse une ou deux larmes quand il écoute Vidéotape : « No matter what happens now / I won't be afraid / Because I know today has been / The most perfect day I've ever seen ». Et ses mains se mettent à trembler, sans qu'il s'en aperçoive, pas tout de suite, en tout cas. Des gens viennent le voir. Avec un bouquet, comme toujours. Il les remercient, et leur demande de déposer les fleurs sur la petite table, celle près de l'entrée. Il vaudrait mieux les garder pour son enterrement, qu'il se dit. Mais il garde ses réflexions dans sa tête désormais, il l'a promis le mois dernier. Et il se force à sourire, à dire oui, et à dire merci. Il a mal à la joue gauche. Il joue pourtant son rôle comme il faut. Un objet de pitié pour ses amis, un objet de tristesse pour sa famille. Un vulgaire objet, jetable, pourrissable, où la date de péremption flotte là, un peu partout. « C'est le manège de ma vie », qu'il se dit souvent. Lui était malin, il prenait l'avion, celui qui monte et qui descend. C'était important de chopper ce ballon, car il donnait la possibilité d'effectuer un tour gratuit. Mais sa mère lui disait qu'il était temps de rentrer, qu'il était déjà très tard, qu'ils reviendraient, tout ça, et elle disait vrai. Seulement voilà, il avait si peur d'assister à son dernier tour, le der des ders. L'évocation du manège lui rappelle qu'il n'a pas encore vomi. Sur Europe 2 Tv, il a vu une émission ou une jolie nana devait choisir entre deux garçons très musclés, et bronzés, aux dents blanches, chemises à fleurs ouvertes, gel dans les cheveux, et baggys marron à poches. Choisir entre les deux, c'était le jeu. Elle leur a demandé s'ils voudraient la baiser, là, tout de suite, et ils ont répondu « ouais ». Alors, elle a rigolé, et elle a dit « Okay ». Il se sent proche de Macha Afanassievitch Chamraev, qui aime secrètement Constantin Gavrilovitch Trèplev, le poète maudit qui n'a d'yeux que pour la jeune actrice Nina Mikhaolovna Zaretchnaia, qui, elle, fond littéralement pour Boris Alexévitch Trigorine, l'écrivain qui a du succès. Et lorsque Macha dit, déséspérée «Il ne faut pas se laisser aller, c'est tout, ne pas attendre éternellement le beau temps sur je ne sais quel rivage... Si l'amour pousse dans ton coeur, arrache-le, j'arracherai tout, jusqu'aux racines » au milieu de l'acte 4, il a des frissons. --- Après sa mort, il se souviendra de l'odeur de souffre de la cave de sa grand Mère d'Isneauville, près de Rouen. De son copain Julien, écrasé un jour humide d'avril par un chauffard en Alpine Bleu, à quelques mètres de l'école. De la découverte de la masturbation avec son voisin Jean devant les Minikeums. Du génocide au Rwanda, de l'élection de Jaques Chirac. Du suicide de son père au Seychelles en plein Téléthon 1997. De la fin du Disney-Club. De Julie Malpoux, en 4ème B, dont il était très amoureux mais qui a fini par lui dire désolé je préfère les garçons bronzés t'es trop pale. De sa première cuite un dimanche après-midi derrière le Shopi rue Grenetta. Du tour de France 1998. Il se souviendra du sourire fragile de sa mère lorsqu'elle lui disait je suis fier de toi mon grand, t'es un beau garçon. De son premier téléphone portable, un Alcatel OLA HD1, du « Temps est l'image mobile de l'éternité » de Platon, de son bac mention AB. Du choc provoqué par la lecture de « Voyage au bout de la nuit », du voyage en Italie avec ses potes en 106 Kid. Du concert de R.E.M en Avril 2001 à Lille, avec Alexandra. Alexandra, sa première fois... et dernière fois, trois minutes montre en main. De cette rupture injuste, et des larmes qui s'ensuivirent. Il se souviendra aussi de cette grande maison, rue des justiciers, et de ces enfants qui couraient dans le Jardin, et cette moiteur enivrante, cette lumière incandescente, l'intuition d'être dans le dispositif, de compter un peu. Vendredi, son estomac l'a réveillé. Mais ce n'était pas la faim. Les doux tremblements de la timiditéPar Jocelyn D. :: 22/10/2007 à 0:16 :: Général
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