Le pire n'est jamais décevant

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Jocelyn D.

Jocelyn D. ----------------------------------------- Homme. 22 ans. Avignon. Licence 3 Sciences de l'information & de la communication. Elu étudiant. Chroniqueur radio. Arnaque. ---------------------------------------------------- Etats d'âmes, réflexions, confidences, photographies, analyses, vidéos & mp3, portraits, chroniques, émissions, espoirs & idées noires.

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Retour de bronzette

Par Jocelyn D. :: 30/08/2007 à 4:45 :: Général

Notes d'été (4)

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Un peu honteux du mois d'août de glandouille que je viens de m'offrir, alors que beaucoup d'individus de mon âge n'ont pas eu d'autres choix que de travailler. Aucune relâche estivale estudiantine même pour un mois, injuste, la vie est dure.
Privilèges de favorisé : divix en boucle dans mon salon poussiéreux, découverte inattendue de grands écrivains russes (Ha Tourgeniev !, Oh Dostoïevski !), écriture de trucs que je ne ferai jamais lire, longs surfs sur la toile planétaire qui n'aboutissent à rien.
Grâce à mon baladeur MP3, j'écoute « Hallelujah » de Jeff Buckley ou « Because » des Beatles sur un transat branlant au milieu du jardin, chez mes parents, la nuit. C'est en regardant les étoiles que je me force à pleurer ; ambiance téléfilm sentimental du dimanche après-midi, zoom discret sur mes yeux rougis, un hérisson qui passait par là, me regarde et compatit.

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Rassurez-vous, je n'ai pas vécu ce mois comme un ascète, j'ai bougé, voyagé. Déjà, avec Mika, Fab et Remy on s'est organisé un périple à l'improviste dans les sphères « Bling-Bling » des alpes maritimes. Endroits que l'on ne connaissait peu, voire pas du tout, alors pourquoi pas ? s'était-on dit. Je livre sur le tas quelques impressions, je suis convaincu que cela vous intéresse.

Nice, pour démarrer : Pas de surprises, c'est bel et bien hideux en bord de mer (ces grandes résidences jaunâtres, copies conformes d'HLM ordinaires, à la différence près qu'elles sont balnéaires et, de ce fait, pas vraiment à loyer modique), en plus, pas de sable mais de vulgaires galets, y'avait de quoi être furax !.. Heureusement, le centre ville dit ''Historique'' est quand même bien plus sympathique, c'est très propre, un peu trop pour moi, un coté ''carton-pâte'' qui m'a fait penser à Montpellier (ceci dit, c'est joli).

Cannes. Franche rigolade. J'ai rarement vu un tel déluge de fric au mètre carré. Bagues platines Vintage, Rolex Daytna, tongs Givenchy, patchwork de peau john Galiano, sac à dos en soie ''Don't Touch Me I'm Electric'', Rolls-Royce Phantom ou Lamborghini Gallardo (qui rentrent directement dans l'Hotel Carlton Intercontinental).
Ensuite, il y a ceux qui veulent jouer les riches, eux aussi sont marrants. Endettés jusqu'au cou pour pouvoir rouler en FIAT Barchetta jantes chromées, ils virevoltent dans la cité jusqu'au bout de la nuit, Benny Benassi au son, Ray-Ban au bout du nez. Objectifs : 1) craner 2) Enjôler puis saillir dans un hôtel minable une jolie serve attirée, bien malgré elle, par des scintillements grossiers.
Cannes en été, c'est avant tout ces attroupements de plébéiens qui jalousent les nababs qui s'exhibent en peignoir dans leur yacht. Ils les montrent du doigt et les prennent en photo, comme au zoo.

Monaco, à côté, fait pâle figure. Maigre étalage de fric, contre toute attente. Du coup c'est moins drôle. Niveau esthétique, comment dire ? Monaco est sans aucun contexte la ville officielle du béton. J'ai vite regretté les HLM niçois.

Notre exploration s'arrêta ici, dodo sur plage, coups de soleils atroces... il faut savoir y mettre un terme.

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Avec Thalia, on tombe d'accord sur une chose. Notre modèle à nous tous, c'est Ponce Pilate. Ce fameux préfet qui nous appris la veulerie, celui qui fut terrifié à la seule idée de prendre la moindre décision, quitte à tout gâcher. Oui, lâches, nous le sommes en permanence, nous fuyons le choix, nos résponsabilités, la moindre remise en question. Nous avons la liberté de conscience d'une poule.

Je devrais effacer ces SMS que je lis tout les jours. Les lectures se répètent, la douleur s'accroît. C'est pourtant vrai, plus on se remémore un passé douloureux, plus on augmente ses chances de le réitérer. Cercle infernal : la mélancolie nous condamne à sa répétition.
Le temps ne fait rien à l'affaire, oublier est une lutte ardue, plus particulièrement quand on en a pas la volonté. Oui, enfin, volonté ou pas, rien ne change, ça reste. Boris Vian a raison, « On n'oublie rien de ce qu'on veut oublier : c'est le reste qu'on oublie. »

Oublier d'oublier, tel est mon défi !.

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En dehors de l'intrigue cousue de fil blanc, elle est bien belle ma ville en feuilleton d'été. La prophétie d'Avignon, et ses moments de grâce, comme les évanouissements à répétition de la très belle Louise Monot (Même surjoués et caricaturaux, je kiffe). J'ai éprouvé une sorte de fierté quand une scène s'est jouée tout, mais alors tout près de mon appartement. C'est proprement ridicule - je vous l'accorde - mais j'ai ressenti cela comme une reconnaissance, une façon de dire « on pense à toi mon coco », ou alors « toi aussi t'es dans le coup, hum petit coquin ».
Car je suis à fond derrière la jolie conservatrice : vas-y nymphète ! Résous les énigmes papales dignes du père Fouras ! Déjoues les pièges de ces zozos dangereux adeptes du Diable et des sciences occultes ! Venges ton Père-Grand ! Donnes un sens à ta vie, divertie la mienne.

J'ai toujours eu un faible pour les quêtes absurdes.

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Mon blog repart de plus belle, et « Les notes d'été » s'arrêtent ici. Le jour arrive, je publie et je vais me coucher.

Photo de vacances, de gauche à droite : moi, mika, remy (...et fab derrière l'appareil).


04h38

JD

"Tagué!"

Par Jocelyn D. :: 05/08/2007 à 0:19 :: Général

Mes cinq verités


Il faut que je vous dise, j'ai été doublement « tagué » (par Lio et Fani dans mon avant-dernier post).
Et ouais les loulous, c'est dire mon succès.
Pardon ? Vous ne savez pas ce que cela veut dire bande d'incultes ? Eh bien une personne dite ''taguée'' est obligée d'écrire cinq vérités ( qui se doivent d'être inédites pour ses lecteurs ) les poster et les mettre en commentaire sur cinq différents blogs, et caetera et caetera. Bref.
Moi, à la base, je n'ai rien contre, c'est un principe qui peut même être intéressant s'il s'attaque a des blogs spécialisés ou professionnels car il oblige leurs propriétaires à sortir de leur cadre le temps d'un post pour le moins inusité.

Mais moi, franchement !... Moi qui verse lamentablement semaines après semaines dans un exhibitionnisme émotionnel croissant (dixit Damien B), l'intérêt me semble bien plus limité.
Je veux dire, Taguage ou pas Taguage, je vous aurais quand même parlé de moi. Et puis j'ai l'impression de vous avoir tout dit, c'est vrai, vous savez tout de moi, les articles s'accumulent et ma boite à secrets se ratatine.

Bon, j'exagère un peu, peut-être, alors, je m'exécute. Alors attention, révélations sur mon carnet web !

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1) Depuis cinq jours, je ne me rase plus. C'est un record depuis que dame nature m'a assujetti à le faire quotidiennement.
L'idée est de parraitre plus viril, plus sauvage, un look à la ''Lost'' quoi !.. Mais à l'heure ou j'écris ces insignifiantes lignes, il m'est très difficile de ne pas succomber à la tentation Gillette tellement je supporte mal ces épais poils noirs qui germent anarchiquement sur mon visage.
Ca pique, ça gratte, ça brûle, en un mot : je souffre horriblement.
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2) Horreur !! je trouve que le dernier Beigbeder n'est pas si mal que ça et – même !– assez plaisant à lire en ces arides jours d'août. Pis encore ! J'écoute Radio Nova, je rigole bêtement devant Paris Première, et je ne bois plus que du Pepsi Max (1 Kcalorie par verre).
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3) Plus le temps passe, et plus je me demande si mon ''avenir professionnel'' se situera dans la politique ( même si c'est la ''Communication Politique'' qui me tente, et que c'est quand même pas tout à fait pareil ). Pourquoi ? Parce que depuis six mois je me prends la tête avec des abrutis qui s'efforcent à me dégouter durablement de toutes formes de militantisme.
Trop de cynisme, de mensonges, de coups-bas, de calculs stériles...
Et ces dogmes Jancénistes que ces cons aiment cultiver « Par tradition » et qui nuisent quasi-systématiquement à l'émergence de pensées novatrices, et utiles. Il est temps que ça pète.

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4) Je [vais] / [pense à] me mettre au Jogging d'ici septembre. ( Avec Lionel en coach particulier, yeah. )

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5) J'ai un Myspace depuis 1 mois, il est temps de l'annoncer !
Cela fait six ans que je fais de la musique sur ordinateur. Un petit passe-temps qui m'amuse beaucoup. J'ai désormais dans mon disque-dur des centaines petits morceaux composés en quelques heures, et j'essaye depuis quelque temps de compiler tout ça, et c'est loin d'être simple.
Il ne faut pas prendre ce que je fais au sérieux. Je m'efforce d'avoir un son spécifique, un son « à moi ».
Fasciné des bande-son sirupeuses des films érotiques des années 70/80, j'essaye de reproduire une atmosphère un peu Kitsch, un peu naïve, comme une étrange cassette audio de couleur rose que l'on retrouverait au fond d'un grenier poussiéreux.
( Enfin, je schématise là, j'ai d'autres références, c'est un tantinet plus complexe ).



L'heure du renouveau

Par Jocelyn D. :: 27/07/2007 à 16:28 :: Général

Notes d'été (3)

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" Il y a des jours qui ne sont pas comme les autres, les jours de fête, et c'est un peu pour ces jours là qu'on attend, qu'on espère"
Desert,  Le Clézio

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Mon boulot pour Alévêque & friends terminé, euros gagnés en poche, une envie : quitter temporairement Avignon pour Mazan, pouvoir lire sur un transat, un pierrier à la main, dans le calme, surtout...

Et mater la Télé, aussi, le soir, jusqu'à très tard. Sur W9, par exemple, Clara Morgan, en pleine forme, me donne des leçons de vie : "N'écoute pas les discours, les rumeurs / Ecris ta vie tu en es seul auteur / Si peu de temps, pour autant d'amptions (?) / Dis qui tu es, suis tes aspirations / Come on now !". Faut que j'en parle à Steph' (elle est spécialiste de ce genre de trucs) , mais je crois qu' Ophelie Winter à trouvé son maître (ou sa maîtresse, en l'occurrence).

Zappe sur NT1 et en reviens pas, mais c'est le retour de l'Appel-Gagnant enfin sous mes yeux !... Alléluia !... Le principe résumé en quelques mots : un studio, une présentatrice en habits sexy, une ou deux caméras, un numéro surtaxé, et des énigmes tout à fait stupides à résoudre.
Ok, je sais ce que vous allez me dire, M6, TF1 ou même France 3 font, ou ont fait grosso-merdo la même chose... Ouais, ouais, avec une différence de taille : là il n'y a rien qui entoure le jeu, pas de clips, pas d'invités surprise, rien !.. L'animatrice s'emmerde à l'écran pendant des heures et le fait savoir :
"
Mais où êtes-vous ?, Je m'ennuie toute seule, Vous dormez ou quoi ? Appelez moi !". Voilà la première "émission" de télévision où l'ennui est érigé en concept unique. Et des zozos appellent, ils pensent êtres les seuls devant leur poste, ces cons, et AB productions ramasse le pognon.

Alors, c'est scandaleux, tout ça, et on est bien d'accord. Mais c'est passionnant, aussi...
Pourquoi ? Parce que meubler des heures et des heures, en direct, dans un studio miteux, relève de la performance. Je pense à Lise, qui était encore là quand les studios du ''jeu'' étaient en Hongrie (ils sont maintenant en France, suite aux demandes répétées du CSA). J'étais enchanté par sa verve, ses intonations ; elle faisait la tranche 1h-5h du matin, elle accompagnait mes nuits mornes. Une vidéo (deux, tiens) pour vous montrer le phénomène, et je réclame son retour !
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« Silence étouffant dans la nuit sage d'Avignon » titre Le Monde du 17 juillet. L'article déplore la désertification des rues avignonaises ainsi le manque de réactivité du public face aux pièces programmées pour être polémiques, comme Nord (Norden), censé prendre « la défense » d'un « antisémite notoire » sous le nom de Louis Ferdinand Céline... ( horrible-chôôse que de parler de cet ôôdieux barbouilleur, nazi de la pire espèce, déshonorant par sa seule plume diabolique nos courageux et vaillants résistants Français, hohé hohé ). hum...

Il est vrai que les rues sont étonnamment vides pour un festival de cette renommée, quand même. Les anciens m'affirment n'avoir jamais vu ça. L'explication qu'on me donne : Trouver un toit à un prix correct dans le centre-ville d'Avignon pendant le Festival relève de l'impossible. Conséquence : auparavant ''les festivaliers'' venaient une semaine, maintenant beaucoup restent deux ou trois jours seulement, et enchaînent les spectacles In & Off comme des malades, afin de rentabiliser au mieux leurs folles dépenses...
Impossible alors de flâner dans les rues absurdes de la cité des papes, discuter avec les passants de l'avenir du Théâtre ou des mystères du Mistral, car le temps presse, pas que ça à foutre les enfants.
Il y a sûrement d'autres explications, mais il est vrai que les festivaliers que j'ai pu croiser semblaient vraiment stressés, étonnant pour des gens censés être en vacances.

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J'ai croisé Philippe Val pendant l'entracte du Roi Lear, et j'ai eu le courage de lui parler. Il semblait ailleurs, déambulait comme un zombie dans les vomitoires.

    - Mr Val, lui ai-je dit, dans votre dernier édito, vous avez appelé vos lecteurs à se battre pour trouver des places pour le Roi Lear, parce cela valait le coup. Je tenais à vous remercier de m'avoir convaincu ...
Son visage s'est illuminé, il m'a répondu :
    - C'est bien, hein ? je crois que c'est le meilleur metteur en scène actuel, c'est extraordinaire.

Je n'allais pas l'ennuyer plus longtemps, lui dire que je collectionne tout ses éditoriaux, que son « traité de savoir survivre par temps obscurs» trône depuis longtemps dans mes toilettes, que je partage avec lui la même conception de la liberté, « Le Libertin, s'il est cohérent est un démocrate ». Le type est là pour prendre du bon temps, voir une belle pièce, humer l'air provençal, pas pour qu'on lui lèche les bottes.
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Le
Roi Lear façon Jean-François Sivadier est une réussite. J'aime la parti pris comique (voire complètement burlesque) dans certaines scènes, la façon d'utiliser l'espace de la cour d’Honneur, ce décor toujours en mouvement, ces lumières discrètes, ces jeux d'ombres subtils. Des acteurs surtout, avant tout. Un Roi Lear puissant, alliant tragique et comique en un quart de secondes, et son Fou délirant, euphorique, attendrissant... « Ca va ? » nous demande t-il en permanence. Oui, oui, ca va...
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« un sentiment ridicule accompagné de mouvements malpropres »


L'histoire d'un homme, le soir de son anniversaire, qui fait le bilan de ses années, avec un constat simple, et amer : aucune nana n'a eu le courage de l'aimer, ou a eu le courage de le lui dire (de toutes façons, il convient que cela revient au même.)

Un vent chaud parcourt la rue Joseph Vernet, totalement déserte, un vent qui a le mérite de le réveiller. Il revient du théâtre du Funambule, où s'est joué La Mouette.
"Peut-être devrais-je arrêter de vivre comme dans une pièce de Tchekhov", se dit-il alors : chercher une passion impossible, bouteille de Vodka en main, alors que le possible fourmille autour du lui, et qu'il est certainement tout aussi tendre, si ce n'est plus.
Un-an-de-plus, mais c'est l'année du renouveau, répètent ses amis. Il serine avec eux, jolie communion, peut-être un peu hypocrite, qu'importe, l'illusion persiste.

Il sait que les rechutes dans le désespoir seront intenses et fréquentes, mais les doses d'espérances qu'il s'injecte chaque jours le portent comme une aile vers un but qui donne le vertige : aimer, être aimé.

Plus qu'une simple consolation, une raison de vivre.



JD

Festival d'avignon

Par Jocelyn D. :: 22/07/2007 à 16:34 :: Général

A voir en"OFF"... 


Deux pièces discrètes qui méritent un peu de lumière, jusqu'au 28 juillet, à Avignon.
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La femme qui parlait à sa robe de chambre

Née en France, elle a quitté son pays d'enfance à ses 15 printemps pour Alger.
Le cul entre deux cultures, figée entre deux chaises, un peu paumée, elle parle à sa robe de chambre, qui n'a - à priori - rien demandé, et qui se demande bien ce qu'elle fout dans cette galère.
Ca commence vite, et faut s'accrocher : la personnalité du personnage est complexe, un certain temps est ainsi nécessaire pour rentrer dans son univers, ses passions, et ses schizophrénies.
Puis, on commence à comprendre... d'abord attendri, on tombe vite maladroitement amoureux, et ses délires (parfois tendres, parfois amers) deviennent les nôtres.

Maligne, elle apparaît soumise, mais dès que l'on gratte un peu, on y découvre des bouffées d'espoir, et – cela va de pair – de révolte...
Pour basculer dans le terrain politique : inertie des politiciens, spectre meurtrier du fondamentalisme religieux, avec un résumé saisissant de l'histoire d'une l'Algérie qui se qualifie d'«indépendante». Indépendante d'accord, mais indépendante pour qui ?.

Courageuse & belle ; le public, dans un élan enthousiaste, a envie d'être comme elle. Mais les lumières se rallument...


Théâtre de la Poulie, jusqu'au 28 Juillet, 20h30

( Claire Néel en photo, qui joue et qui met en scène ce monologue, épatante  )
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Car ceci est mon vin

Un décor en bois rudimentaire qui forme un huit-clos macabre, un jeune un peu simplet et un viel homme alcoolique.
Jeune reçoit avec distance l'enseignement que le vieux professe, et le soigne pour qu'il ne «pourrisse pas de la foi».
Des rapports étranges et particuliers se sont créés entre eux, un monde parallèle avec sa propre langue... et sa propre morale.

Un lourd secret unit ses deux individus. Un secret qui, petit à petit, va se réveler et anéantir cette routine absurde. Pour le meilleur ? pour le pire ? on ne sait pas, même on s'en fout, cette situation n'est plus tenable.

On étouffe, et on est mal à l'aise, et on a honte de rire. Comme je disais à Julien Guyomard, l'auteur et le metteur en scène à la sortie de la salle, cette pièce sent l'alcool, et la gerbe.
Mais dans cet univers cafardeux, on aperçoit ici ou là des petites étincelles d'optimisme.
Et c'est magnifique.


Théâtre "le Funambule", Minuit, tarif unique : 5 €



JD

Remords, rue des teinturiers

Par Jocelyn D. :: 14/07/2007 à 15:21 :: Général

Notes d'été (2)

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« Recommence l'addition / J'en retiens un pour mes grands soirs / Comment j'ai fait mon compte / Pour m'abandonner au hasard / Aidez-moi si vous le pouvez / À me retrouver »

Lio & Jacky, Tétéou
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N'en déplaise à Stéphanie, je ne caricature rien. J'essaye de reproduire fidèlement mes états-d'âmes, mon univers. Seulement, je change d'humeur comme de chemise. Et quand je vais mal, j'écris pour mon blog.
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Festival d'Avignon 2007: « Comment ai-je pu louper Pierre Henry». L'interrogation, fait des loopings dans ma  cervelle qui, pourtant, ne demande qu'à se reposer. Il est 4h39 du mat' et je frôle l'automutilation car je ne tolère pas cet oubli impardonnable.
Je vous explique : Pierre Henry fut le compagnon de mes nuits lycéennes, casque Sennheiser aux oreilles, les sonorités élastiques et hypnotiques de ses pièces me transportaient. C'était ma porte, ma porte intérieure, c’était la porte du vide. Quand je l'ouvrais, j'étais plus, j'étais plus rien, plus qu’une boule transparente, une boule transparente à travers le cosmos, et... putain, c'était bien.
Pourquoi d'ailleurs utiliser l'imparfait ? je ressens encore la même chose lorsque j'écoute l'apocalypse de Jean et la voix sombre et inquiétante de Jean Négroni, qui ridiculise à elle toute seule celle de Secret Story.

Bon, tout cela pour dire que j'aime beaucoup P. Henry, et que j'ai certainement loupé ma dernière occasion de le voir en « live ». Je m'en veux, donc, et je suis réellement triste.
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Cela fait deux mardis de suite que les ''témoins de Jéhovah'' viennent me rendre visite, chez moi, vers 11h du matin, rue du crucifix. Toujours la même rhétorique : je suis dans le mensonge, ils viennent m'apporter la vérité.
Après la blague habituelle «Je suis désolé, j'ai pas vu l'accident !» pour détendre l'ambiance, je les invite à boire une tasse du thé et j'essaye de leur expliquer ma vision des choses : la vérité astrale, unanime, absolue n'existe pas, chacun à la sienne, et Platon est idiot.
Simple propagande relativiste, y'a pas de quoi sauter au plafond, je ressors des vieux restes de cours de philo : « La raison humaine n'est pas partout la même car elle façonnée par la culture et la société... Voyez vous, la vérité c'est Nous ! ».
Rien que cela, et ils sont déstabilisés, ils haussent le ton, ils affirment que le diable en personne se cache sous mon lit, et que je suis un communiste.
« Mais toute la vérité est dans la Bible ! »
me confient-ils alors, en me montrant avec insistance le petit livre en question du doigt, avec l'air émerveillé des randonneurs qui aperçoivent soudain un arc en ciel entre deux montagnes.

Ce qui est sympa avec les Témoins, c'est qu'ils avouent ouvertement se faire chier dans notre monde. Pour eux, depuis 14-18 c'est la dernière séance, « le temps de la fin » comme ils disent, temps caractérisé par une série de cataclysmes ravageant la Terre comme jamais : famines, guerres, séismes, pestes, homosexualité, etc. Et rien ne peut changer, la machine est en route, rien ne peut l'arrêter. « This is the end (tadaadaaa)».

Heureusement, s'ils vivent encore, c'est parce qu'ils gardent en eux un espoir insensé. Ils savent que Jéhovah va bientôt se pointer dans nos contrées pour détruire sans pitié les méchants (c'est à dire tout ceux qui refusent de se soumettre à la volonté divine) et instaurer par la suite le Paradis sur terre, pendant plus d'un million d'années, et toujours en été.
Je leur explique que le paradis m'effraye plus qu'il m'excite. Comme Camus, « je ne vois pas de sens au bonheur des anges », qui sera celui des élus. Et puis, j'adore les fruits, ce n'est pas tenable.
Non, désolé les amis, Jéhovah n'est pas pour moi.

Dans les deux cas, ils repartirent fort déçus.
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« Aux terrasses brouillées / Quelques buveurs humides / Parlent de haridelles / Et de vieilles perfides / C'est l'heure où les bretelles / Soutiennent le présent / Des passants répandus / Et des alcoolisants »
J.Brel, Je suis un soir d'été

« Tracter » du Christophe Alévêque de dix neuf heures à minuit, rue des teinturiers, seul, avec ma chemise de merde, et mes sourires exagérés (mais nécessaires), c'est déprimant, morne et tuant. L'impression d'être transparent au milieu de tous ces couples gentiment branchouilles qui se font des bisous en parlementant sur le sens de la vie.
Certains sont plus hostiles, quasi-violents à mon égard. J'ai tout à fait conscience de taper sur le système de pas mal de festivaliers avec mes morceaux de carton plastifié (d'ailleurs, qu'ils se rassurent, c'est souvent réciproque).

Entre deux plats, les serveuses des restaurants ont des cernes, prennent leur dose de nicotine en vitesse. Dès que la drogue atteint le cerveau (quelques secondes suffisent) elles dévisagent le ciel en recrachant la fumée, soupirs déguisés en vapeurs monoxydées.

Les sourires que j'essaye de leur offrir sont, eux, plus sincères.

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« Like I give a fuck / like I give a shit, like I give a fuck about that shit / Like I give a fuck about that motherfucking shit / Like I give a fuck / Like I give a shit »
!!! (Chk Chk Chk) Dear can


JD

le long de mon nombril

Par Jocelyn D. :: 02/07/2007 à 15:14 :: Général

Notes d'été (1)


Erreur. Ce n'est pas que je « n'écris plus », je n'ai jamais autant tapoté sur mon vaillant Dell et je suis même d'une productivité folle, qui m'impressionne.  Seulement, j'ai temporairement mis mon beau blog en mode veille. Il l'avait mérité, il avait besoin de vacances, de se reposer quelque peu, respirer.
Retour donc avec une sélection de quelques notes prises ici où là pendant cette période d'inactivité, qui, si j'ai bien compris, a pu contrarier certains d'entre-vous.

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Minuit passé. Partir, c'était la meilleure chose à faire. Je n'avais pas le moral. La soirée « Pétanque » organisée pour les invités VIP et le Staff de l'Avignon Film Festival (staff dont je fais partie) se fera sans moi. Principe de précaution, je n'allais pas gâcher vos fous-rires et vos plans-dragues avec mon cafard pandémique de jeune con. Cette absence ne les affectera point, j'imagine tout de même que certains feindront succinctement une déception le temps d'un lancement de cochonnet. On se dépêchera de m'omettre, dans l'intérêt commun, c'est à dire pour le bien de tous.
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Une étudiante d'Avignon, brune, avec un joli sourire et des yeux ravissants m'explique un après-midi qu'elle « really don't care » tout ce qui n'est pas anglo-saxon. La littérature française, le cinéma français, même la cuisine de notre beau pays, tout cela passe à la trappe... Trop « old fashioned » me dit-elle. L'avenir, c'est l'anglishe, « The Futur is Now ».
Pauvre de moi, oh Français ringard, visiblement trop peu « open-minded », car balbutiant de temps à autre quelques maigres mots dans la langue de Shakespeare... Putain, j'vous dit, j'avais sacrément l'air con.

Lundi soir, en rentrant du cinéma avec Fabien, Seb, Katerine et Mika, je rencontre, rue des teinturiers, une jolie Américaine en vacances, blonde, d'une vingtaine d'années. Dans un Français impeccable, elle me raconte qu'elle cherche un bar afin de s'imbiber dans l'obscurité jusqu'au petit matin. Pourquoi cela ? « Parce que ma grand mère va bientôt mourir, et j'aime bien ma grand-mère ». Seulement voilà, trouver un bistrot ouvert dans Avignon à plus d'une heure du matin, c'est rudement compliqué.
J'ai fait tout mon possible pour aider cette inconnue en peine dans sa quête, avant d'avouer – une fois de plus – mon impuissance. « Ce n'est pas grave, je vais rentrer chez moi ».
Et elle est rentrée chez elle.

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Je rêve d'être une jolie femme, qui ferait souffrir les hommes qui tomberaient amoureux de moi. Ah, je vous jure, je serais sadique, une conasse de première, une vraie salope. Et lorsqu'un de mes nombreux amants pleurerait devant mes tétons pointus, me suppliant de toutes ses larmes de l'aimer, je chantonnerais « c'est pas ma faute à moi ! » en riant. Et un joli rire, une belle voix, enfoncer le couteau dans la plaie : « il va falloir passer à autre chose mon bonhomme, tu mérites tellement mieux ...» De toutes les jolies perles qu'on a pu me sortir, je n'ai rien oublié. Ce serait malheureux.

"Ben oui quoi..on aime... pis on aime plus" hurla Marguerite Duras lors d'un dîner mondain, "Marguerite Duras n’a pas écrit que des conneries… Elle en a aussi filmé" répondit Desproges. ''Le temps ronge l'amour comme l'acide'' écrivit S.Gainsbourg. De temps en temps, je me demande si ce n'est pas l'amour qui ronge le temps comme l'acide. Ou l'acide ronge le temps comme l'amour ? heu...
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J'apprends le même jour que les émissions Arrêt sur Images sur France 5, La Bande à Bonnaud sur France Inter et En aparté sur Canal + ne sont pas reconduites pour l'année prochaine. Je suis triplement désemparé, surtout pour « la bande a Bonnaud ».
Oui j'aimais beaucoup ce show culturel et je ne comprends pas bien la décision de Frédéric Schlesinger (directeur de France Inter) qui ne loupait pas un moment pour le juger trop « élitiste »...
C'est curieux ce besoin chez France Inter de faire de la place à l'audimat et d'être sourd à l'auditoire...
A trop vouloir ressembler à la concurrence, la station risque d’y perdre, car l’original est souvent meilleure que la copie et il n’est pas difficile de chercher une autre station de radio.

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Les réunions du Parti Socialiste (ou ce qu'il en reste) depuis la débandade Royal ® ressemblent à de grandes séances de soutien psychologique. Tout le monde ressasse incessamment ses sentiments discordants, entassements d'assertions, signes d'une certaine insuffisance politique. On entend donc en boucle, le refrain : « Sarkozy a gagné car les Français voulaient être menés à la baguette, et pis son programme était clair, cohérent, dans le vent, avec un indubitable courage politique sur certains sujets ». C'est vrai, et après ?
Je pris la parole un samedi après-midi lors d'une réunion de courant et appelai à l'implosion de ce parti insaisissable et absurde.

Admettons que même si une majorité franchement Social-Démocrate se dégage pour le prochain congrès, ce que je souhaite, les Mélanchonnistes, les Emanuellistes, et les jeunes Post-Poperenistes (bref, tout ceux qui entretiennent encore le mythe du ''tout-état'') se feront un plaisir de nous mettre des bâtons dans les roues, et le PS restera une vielle bicyclette instable et donc indirigeable.
A la fin de ma petite interv', les vieux militants me lancèrent un regard noir.
Provoquer l'explosion du PS ? le Parti des victoires inoubliables de 81 et de 88 ? plutôt mourir !!...
A vous de voir.

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Je viens de finir La Possibilité d'une île de M. Houellebecq. Cela m'a pris plus de trois semaines. Bien que certains passages soient redondants, confus, ou un peu faciles, je garde en moi ce sentiment tenace d'avoir lu une oeuvre importante, qui fera date. Comme je disais à Thalia, c'est le genre de bouquins qui essaient d'embrasser le monde, de traiter des centaines de sujets en quelques phrases, qui tentent un peu naivement de répondre à des questions impossibles.
Ce n'est pas de la Science Fiction, ce n'est pas un Roman réaliste, ni un journal ou encore de la poésie, mais tout cela en même temps.
Outrageusement moderne, peut-être trop pour certains.


JD

"Let's Kill This Bastards !"

Par Jocelyn D. :: 12/06/2007 à 18:28 :: Général

Tarantino,

ou la vengeance de la Femme.

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[ Retournement de veste final un peu lamentable ( mais cocasse : le coup de l'analyse sociologique comme excuse, avouez qu'il fallait le sortir ), attaques personnelles, hâtives et blessantes envers mes vrais proches, j'ai – temporairement supprimé les commentaires de mon dernier article sur les boites de nuit, ainsi que l'article lui même.
Que mon très modeste blog ne fasse pas de la pub à des gens qui n'ont nullement mon estime. Merci à ceux qui m'ont défendu, en tout cas. J'ai de vrais amis, j'évalue mal la chance que j'ai. ]
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L'absence soudaine et douloureuse de la fée internet dans ma chambre avignonnaise aura eu le (grand) mérite de m'encourager à multiplier les Soirées-Ciné-Utopia tout au long de la semaine dernière. Cela a commencé lundi avec Zodiac, film cluédo à la sauce sixties de David Fincher, d'une sobriété un peu trop rigide à mon goût (cela m'a quelquefois fait pensé à un bon épisode de Colombo, l'humour en moins). Ensuite j'ai chialé comme un môme devant Le Bonheur d'Emma (Film tire-larmes, peut-être un peu neuneu mais brillamment interprété). Enfin, j'ai sauté sur le nouveau Quentin Tarantino, Boulevard de la Mort ( Death proof ) ah voilà, j'ai des choses à dire, désolé mais je m'y attarde...

Je suis un fan absolu de Russ Meyer, et notamment de son film Faster, Pussycat! Kill! Kill ! (1965), oeuvre de ciné-bis désormais étiqueté « culte » par les étiqueteurs, incroyablement moderne car crade, perverse et violente. Une histoire simple d'ailleurs : trois femmes sauvages, aux lolos démesurés, accompagnées de trois superbes voitures de course ( qui font beaucoup de fumée et de bruit ) décident de former un gang et se livrent à des pillages plus ou moins meurtriers. Dans leur périple, elles kidnappent et droguent la petite amie d'une d'une pauvre victime masculine, et se réfugient dans un ranch isolé détenu par un vieil infirme pernicieux. Chose frappante : les trois instigatrices se comportent comme des mecs (dans le sens ou elles sont très éloignées des stéréotypes féminins encore présents aujourd'hui), et ridiculisent (et souvent, tuent) les gars qui osent frôler leurs pattes dociles. L'homme n'est qu'un benêt, tout juste bon qu'à baiser, et à dépouiller, car voilà, c'est encore le mâle qui a l'argent.

Le dernier Tarantino s'inspire énormément de ce film ( je m'étonne d'ailleurs qu'aucun critique ne l'ai relevé ) à la différence près que les nanas de Boulevard de la mort sont plus sages et ont des raisons plus consistantes de se révolter ( homicide, etc. ). La différence est subtile mais pas négligeable, on passe du « revenge movie » au « rape and revenge movie ». Le cinéma B des années 70 a souvent ressorti ce schéma là : fureur sadique de jolies créature féminines humiliés par un gent masculine lourdingue et grotesque, avec un sous-texte féministe difficilement dissimulable. Je pense à Bad girls go to hell de Doris Wishman et encore I spit on your grave de Meir Zarchi, je sais qu'il y en a plein d'autres, que j'aimerai voir, d'ailleurs.
Voilà, puisque tout le monde s'amuse à sortir ses propres références sur le nouveau Tarantino, voilà les miennes. Telle une tartine de Nutella, j'étale ma culture aromatique cinéphilique d'arrière boutique.

On a souvent reproché ( à tort ou à raison ) Quentin Tarantino de jouer systématiquement la carte du « Cinéaste Brocanteur » ; en gros, reprendre du vieux et rafler la mise.
C'est faire l'impasse sur les anachronismes présents tout au long de son dernier film, qui surviennent (et c'est là tout l'intérêt) comme si rien n'était. Les personnages vivent naturellement seventies dans un univers contemporain. Plus qu'un culte un peu simpliste pour sectaires allumés, il s'agit là d'une ode à une certaine manière de vivre et de penser assez cohérente, un sorte de paradigme imaginaire, au fond.

Un des films les plus malins, jouissifs, avant-gardistes et intemporels que j'ai vu depuis longtemps. C'est ma palme à moi, en fait.

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Déroute électorale bienheureuse ?

Bon après ça que dire ? Oui... La déroute législative. Très franchement, je ne sais pas quoi en penser.... ( En fait , si... )

En 1993, le PS perd deux cent députés d'un coup, cela fait très mal, et tout le monde pense alors que le parti mettra au moins une dizaine d'années pour accuser le coup (coût) et ainsi revenir au pouvoir.
On connaît la suite, 1997 : dissolution surprenante de Chirac et arrivée toute aussi surprenante de Jospin à Matignon. Cadeau empoisonné ? Oui, dans le sens ou ce parti n'a pas eu le temps d'approfondir sa maturation théorique dont il avait absolument besoin.
2007 : l'histoire se répète. Entre deux tours bien pénibles, les socialistes sont au pied du mur, et la tête dans le guidon. Tout est à reconstruire, tout est à réinventer, et pour une fois, tout le monde semble être d'accord. Par provocation, j'ai envie de dire que l'arrivée de Sarko au pouvoir, c'est le
Bad Godesberg Français.

« M'enfin », votez quand même dimanche, ne serait-ce que pour la beauté du geste.

JD

dance, dance, dance !

Par Jocelyn D. :: 07/06/2007 à 18:42 :: Général
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L'ouvre boite


«Augmenter les désir jusqu'à l'insoutenable tout en rendant leur réalisation de plus en plus inaccessible, tel était le principe unique sur lequel reposait la société occidentale.»
Michel Houellebecq

« Rêvons, mais en gardant à l'esprit que les démons de l'espèce peuvent surgir de l'enfer à tous moment pour piétiner,
brûler et transformer en charnier le jardin où les amants philosophes,
baisent et s'endorment en contemplant les étoiles »

Phillipe Val


C'était l'anniversaire à Sébastien samedi. Avec toute la troupe Annagrram (bien gais, bien picolés), on est allés en « boite », et bien évidemment, je n'étais pas d'un enthousiasme délirant à l'idée de gigoter jusqu'à 6h du Matin sur de la minimale à la sauce Radio FG. C'était à La Station, près d'Avignon.

Durant les deux premières heures, je me suis assis et et j'ai observé les d'jeunzs se trémousser dans l'arène, en jouant mon rôle (désormais fort bien rodé) du vieil aigri. Je me disais qu'au fond, la boite de nuit n'est qu'un grand supermarché de désir en polystyrène : les garçons et les filles agissent en bons commerciaux et se vendent en bougeant du derrière. Certains (la grande majorité en fait) repartiront bredouille, ce qui ne les empêcheront nullement de retenter leur chance le week-end prochain. ( Même sans espoir, la lutte est encore un espoir ).

Je me souviens d'un grand blond aux converses noires qui était en face de moi, proche de la cabine du DJ (pour avoir de la hauteur) regardant le dancefloor comme on regarderait des abricots au rayons fruits&légumes du Mammouth (je sais, les mammouths n'existent plus, mais je joue le vieil aigri, hein). J'ai vite compris que ce type était en rut, cela se voyait, son corps était tendu et ses yeux brillaient. Moi de mon coté, j'avais de la fascination et de la pitié à son égard (car, pour dire la vérité, il était assez moche). « Normal, c'est bestial » argumente Thalia au téléphone, «C'est le Lion à la recherche d'une Lionne, nos instincts que l'on juge ''primaires'' sont de retour...» Bien vu, mais pas entièrement d'accord.

Le Lion, lui, agit sincèrement, il est lui-même lorsque qu'il draguouille puis saute brutalement sur la pauvre femelle qui n'en demandait pas tant, alors qu'en boite, chez nous les z'humains, tout est atrocement faux ; c'est l'éloge de l'illusion, de l'hypocrisie, de la superficialité. Les gars et les nanas ont systématiquement les mêmes fringues, c'est l'armée de clones, tout pareil et tout comme l'autre sont les maîtres mots : font de teint, gel ultra-fixant, tee-shirts et pantalons moulants H&M, ainsi que la fameuse technique du « je-danse-oui-mais-pas-trop-pour-pas-trop-transpirer ».
La musique, elle, sert de prétexte à toute cette gentille mascarade, mais au final tout le monde s'en fout, ces gens là sont prêts à pseudo-danser sur à peu près n'importe quoi.

Je suis vite attiré par les intrus, comme cette fille poussée par ses copines de lycée, qui se retrouve accoudée au bar semblant se dire «T'ain qu'es-ce que je fous là moi ? ». J'aurais pu aller lui parler, si l'action n'avait pas été rendue impossible par un environnement sonore pour le moins oppressant.

Enfin, cela n'a rien à voir, mais j'aurais bien envie de gueuler sur l'UMP, dire à Fillon de se calmer surtout, mais je me rends compte que j'ai déjà pas mal écrit. C'est vrai qu'en ce moment je produis du vide, autant l'assumer pleinement. Alors pour me faire pardonner, je vous apprends que je n'ai plus accès au net dans ma piaule Avignonnaise (merci, voisins !), j'écris le tout en speed de la salle info estampillée « Communication » (s'il vous plait).

Oh hé, sinon, saviez-vous, pauvres fous, que Thalia et moi on est en train d'écrire une pièce extraordinaire et bouleversante ? Une histoire d'inceste entre frère et soeur (jeunes) en pleine guerre, à huit-clos. Quelle est la pertinence des tabous face à la menace de la mort ? Entre raison et désir qui l'emporte ? Quelle est notre limite de résistance à la tentation ? Céder ou ne pas céder quand le poids d'une société et de la culture se heurte à la puissance du désir ? Et surtout, comment extrapoler sur un sujet aussi minimaliste ? ... Bref, ne vous inquiétez surtout pas, je vous tiendrai au courant.



JD

Petit trip élitiste

Par Jocelyn D. :: 31/05/2007 à 14:38 :: Général
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Aux "malheureux" "lucides" occidentaux ...


Je n'ai plus la force de ne pas écrire...


J'ai eu beaucoup de mal a dormir hier soir, j'avais une migraine épouvantable, impossible de rester en place. Alors je me suis tapé deux ou trois histoires du Petit Nicolas en écoutant épures de William Sheller.
Ensuite, en fouillant dans mes tiroirs, j'ai retrouvé quelques vinyles que j'avais acheté aux puces il y a quelques années : une très vielle compilation de remixes de Dépêche Mode, Substance 1987 (autre compil) de New Order, et A Love Trilogy de Donna Summer, un échec commercial, sans aucun contexte son meilleur album.
« Mais elle rit, elle rit / Elle se fout de toutes mes envies / De mon absence et de ma vie / Car elle n'aime qu'elle », oui, même mon électrophone s'est mis a cracher du Polnareff, à 4h du mat', c'est dire.

Je suis content, j'ai trouvé une vidéo résumant assez bien l'esprit de la série anglaise "Sugar Rush" ( cliquez ici ) , oui oui, la série dont je vous ai parlé sur mon blog y'a pas si longtemps ( cliquez ici pour le souvenir ).

Et Sinon ? Sinon je me dis que je me suis accroché ces derniers jours à des choses bien dérisoires, j'essaye de prendre du recul sur mes tout récents emportements.
Promis, j'essaye de ne pas me dévaloriser, j'ai la truffe au vent, le regard tourné vers l'avenir, voilà, comme ça.

« Toi, tu passes ta vie à t'auto-traiter de con » m'avait justement reproché il y a quelques mois une  camarade apartride, avant de louer « ma lucidité qui (lui) manque» (cherchez l'erreur) 
Pourtant, il en a toujours été ainsi : les cons aiment être flattés, et les intelligents aiment être détestés (je me mets dans la caste des intelligents, bien sûr).

En revanche, une mise au point s'impose. La lucidité est loin d'être -selon moi- une qualité, c'est plutôt un boulet que l'on traîne et qui fait atrocement mal aux mollets.
La lucidité reste de la crotte, pusiqu'elle ne protège pas de la réalité, mais la rend plus triste.
Hélas (je m'en rends compte chaque jours) théoriser son propre malheur d'occidental (et l'exposer à la face du monde) ne l'empêche nullement d'advenir.
Certes, (cher lecteur) on est moins con, mais après ? à quoi bon ? quel est le bénéfice ? « Heureux les simples d'esprit » répète sans arrêt ma mère ; c'est vrai que j'envie les idiots qui m'emmerdent, et les idiotes qui me plantent.

La lucidité c'est l'intelligence du vide, elle déshumanise, elle fait de nous des vulgaires cailloux froids, effroyablement repoussants.

Plus que jamais, je rêve d'une révolution hédoniste dans ce monde so cynical auquel -pourtant- je participe grandement.

C'est parce que je suis un être blasé pratiquant le tirage de gueule à longueur de temps que je suis attiré par l'innocence, l'optimisme et la naïveté. Ce n'est pas un hasard si mon premier critère de beauté chez la femme est le sourire, tout le reste me semble si illusoire. 

Sur Msn, mardi dernier, j'ai exprimé à Halv mon envie de freiner mes textes égocentriques sur mon blog, afin de parler du monde, de la vie, des nuages, et des enfants qui courent dans l'herbe. Illico, il me rétorque : « On s'en fout de quoi tu parles. c'est le ton employé qui donne envie de lire».



Frustré un jour...

Par Jocelyn D. :: 23/05/2007 à 23:23 :: Général
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Mon voisin fêtard

"Nous allons proposer à l'opposition, une fois les législatives passées, un vrai statut: de présider une grande commission, sans doute la commission des Finances, de participer aux nominations d'un certain nombre de hauts fonctionnaires"
   François Fillon, aujourd’hui.


La stratégie, au fond, est un peu la même que celle de Mitterrand et Jospin avec les communistes : Les faire participer pour les affaiblir durablement (on voit maintenant à quel point cela a marché).
L’opération Ouverture® de Sarko, après la défaite cuisante de Ségolène Royal, amène les socialistes vers un terrible dilemme. Que faire ? Pactiser avec le diable, pour essayer de faire bouger un minimum de choses dans l’intérêt commun ? (Au risque de faire de grosses concessions), ou se conforter dans une opposition statique comme le PS a pu la pratiquer depuis 2002 ? (Posture, on l’a vu, pas si payante que ça)

Je m’excuse, je m’arrête en plein vol, j’avais promis de me calmer sur les discutions politiciennes de PMU.
Really Sorry,
comme dirait l’autre.
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Là, à l’heure où je vous parle, 22h35 mon voisin fait la fête, pour changer. Faut que je vous explique, y’a dans ma rue un type qui passe ses nuits à festoyer avec tous ses poteaux. Détail important : il ouvre toujours grand fenêtres & volets, histoire de bien montrer à la populass à quel point c’est l’éclate dans son antre.  Du coup, quand je m’ennuie, je me permets d’observer ces jeunes noctambules en action.

Les filles, de grandes brunes aux gros bonnets, plutôt excitantes mais l’air sacrément idiotes, gesticulent en parlant de baise. Quelquefois, elles se penchent dangereusement à la fenêtre, leurs corps secoués par de violents spasmes, et beuglent des phrases pas très cohérentes. J’aimerai beaucoup savoir quel genre de drogues elles prennent… ou alors elles sont au summum de l’excitation sexuelle et on besoin d’extérioriser…
bof, j’en sais trop rien.

Les garçons, eux, torses nus bien musclés et tout ce qu’il faut, sont au taquet. Ils dansent, rient, et hurlent des trucs du genre « Oh putttaiiin, mais regarde, regarde ça, oh merde, ouh, c’est trop bon hé ! » avec un enthousiasme certain.

Le volume de la chaîne HIFI est à son maximum, ça envoie de la Makina à fond les ballons. Les couples s’enlacent, et se roulent de gros patins… Une fois leur bouche-à-bouche terminé, j’ai toujours l’impression qu’ils me montrent du doigt en rigolant, c’est sacrement gênant. Dans ces moments là, je fais semblant de regarder ailleurs.

Tout ces gens réunis, ça fait un sacré boucan. Je m’étonne de ne pas encore avoir vu la police débarquer, apparemment personne ne s’est encore plaint (ou alors c’est la Police qui n’a pas voulu venir).

Bon, je ne vais pas tarder à faire un tour dehors. Peut être qu’au hasard d’une rue, on me remarquera.



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